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Le leadership pour la justice sociale en milieu multiculturel et défavorisé : une étude de cas genevoise

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Stéphanie Bauer : Haute école pédagogique du canton de Vaud

Résumé de la communication

Le défi de la réussite scolaire en milieu multiculturel et défavorisé devient une réalité de plus en plus prégnante pour les directions d’établissements scolaires du canton de Genève (Suisse). La recherche sur le leadership, notamment en Suisse romande, aborde peu cette question de la gestion de la diversité socioculturelle. La question que nous nous posons, à la suite des travaux québécois d’Archambault et Harnois (2010) est celle de la spécificité du travail en milieu multiculturel et défavorisé. Notre étude qualitative interprétative (Savoie-Zajc, 2000) rend compte du discours de 13 directions d’établissement du canton de Genève, analysés à partir du cadre théorique du leadership pour la justice sociale (Thehoaris, 2007; 2010) et de la méthode itérative proposée par Miles et Huberman (2003). Les résultats montrent tout d’abord que pour ces directions, la question de la réussite scolaire est fortement liée à celle du bien-être de l’élève et dépasse ce que les écrits quantitatifs sur le leadership mesurent souvent comme indicateur d’efficacité, à savoir les performances scolaires. Dans un deuxième temps, nous constatons que la reconnaissance de la diversité culturelle n’est effective que dans une minorité d’établissements où l’équipe pédagogique, dans son ensemble, a interrogé son rapport à la différence et ses conséquences sur les pratiques d’enseignement et les relations école-famille.

Résumé du colloque

La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :

1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);

2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);

3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;

4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 9 mai 2018

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