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Alain Huot : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Les gestionnaires de tous acabits dont ceux de l’éducation (Thibodeau et collab., 2016) doivent prendre en compte la diversité de leur personnel et des élèves ou des étudiants de leur établissement. Qu’en est-il de la formation que reçoivent ces gestionnaires de l’éducation? Y aurait-il moyen de les outiller pour comprendre et « universaliser » leurs interventions tout en prenant en compte la diversité? Cette communication présente le modèle des dynamiques de la personne (Ouimet, 1997) inspiré des préférences cérébrales (Hermann, 1991) appliqué à la formation et à la gestion de l’éducation. Pouvant s’inscrire dans la conception universelle de l’apprentissage (CAST, 1993; Kumar et Wideman, 2014; Salend et Whittaker, 2017), la plus-value d’utiliser ce modèle est la facilité qu’il procure pour entrer en relation avec les autres personnes tout en mettant de côté les préjugés liés à la diversité d’origine ethnoculturelle, la langue, la religion, les capacités physiques et intellectuelles, le sexe, l’identité de genre, ou l’orientation sexuelle. Les résultats présentés sont ceux de 80 étudiants inscrits au DESS qui ont rempli un questionnaire permettant de déterminer leur dynamique dominante. Leurs résultats sont comparés à ceux de plus de 1 000 gestionnaires d’horizons divers. Les résultats présentés expliqueront comment ils peuvent être utilisés pour la formation des gestionnaires d’établissement.
La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :
1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);
2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);
3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;
4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.
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