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Les villes industrielles « cachées » du SLSJ

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Marie-Claude Prémont : École nationale d'administration publique

Résumé de la communication

La légendaire ville d’Arvida fondée en 1926 cache une autre ville industrielle qui l’a suivie de peu (1928) pour y être finalement fusionnée en 1944 : la ville de Racine. Sa courte existence de 16 années nous révèle un modèle presqu’archéologique de l’organisation locale en vue du développement des ressources hydroélectriques du Québec, sous la forme de la ville industrielle « extrême ». Ce modèle avait été précédé et inspiré de celui implanté pour le premier harnachement gigantesque des forces hydrauliques du Saguenay, avec la création de la ville de l'Isle-Maligne (1924), finalement fusionnée à Alma en 1962. À la lumière de recherches dans les archives municipales (Saguenay et Alma) et de l’Assemblée nationale, je propose d’expliquer ce modèle de ville de compagnie « extrême », son mode de fonctionnement, sa direction par des « boss » venus des États-Unis, et ce afin d’en mieux comprendre les motivations, les avantages (pour qui?) et les problèmes engendrés.

Résumé du colloque

Selon une vision courante de l’histoire récente du Québec, une classe « patronale » anglophone unilingue y dirigeait une classe ouvrière francophone sous-payée. Certains aspects de ce modèle cadrent bel et bien avec le passé, surtout dans certaines « villes de compagnie », ou villes industrielles planifiées, de la province. En effet, à compter du milieu des années 1800, des anglophones ont planifié et établi plusieurs collectivités dans toute la province, dont Arvida, Shawinigan Falls, Asbestos et Témiscaming. La ville de Saguenay repose en partie sur ce modèle d’aménagement. Deux importantes villes d’entreprise planifiées y ont été établies : celle de Kénogami, implantée par la Price Brothers en 1910, et celle d’Arvida, construite par l’Aluminum Company of America (Alcoa) en 1926.

Toutefois, en examinant de plus près ces lieux ainsi que d’autres villes de compagnie, on s’aperçoit que la trame narrative de la dominance anglophone manque de nuance. En fait, des anglophones de toutes les classes étaient présents dans ces collectivités dès leurs débuts. Plusieurs francophones dirigeaient des industries importantes. La classe ouvrière bénéficiait parfois d’excellentes conditions de travail. Enfin, lorsque l’on regarde aujourd’hui certaines anciennes villes de compagnie, on constate que les inégalités économiques d’autrefois se sont résorbées, voire inversées. Plusieurs communautés anglophones de la province présentent un taux de chômage plus élevé que les francophones, et de faibles indicateurs de vitalité communautaire.

Ce mini-colloque à l’ACFAS portera sur les mythes et réalités concernant les villes d’entreprise québécoises, les conséquences de cet héritage et son l’influence sur les relations ethnolinguistiques au Québec à l’heure actuelle, ainsi que les réalités d’aujourd’hui dans ces collectivités. Le colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (QUESCREN) à l’Université Concordia, en partenariat avec le Quebec Community Groups Network (QCGN) et le Réseau du patrimoine anglophone du Québec (RPAQ).

Le colloque sera suivi par deux activités hors ACFAS : une visite commentée d’Arvida et de Kénogami (le 9 mai en après-midi) et une table ronde à laquelle prendront part des leaders communautaires anglophones de la région (le 10 mai). Pour plus de détails sur ces activités, consultez la page Web à cette adresse : https://tinyurl.com/english-boss.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 9 mai 2018

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