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Rachel Bélisle : Université de Sherbrooke
Avant et après la publication du rapport Tous ces chemins qui mènent à un premier diplôme (Bélisle et Bourdon, 2015), nous nous sommes demandé comment la formation initiale et continue en orientation appréhendait la situation globale des adultes sans diplôme et en tenait compte dans la planification, la prestation et l’évaluation des services d’orientation. Pour l’instant, les études en orientation qui traitent spécifiquement de la population des adultes sans diplôme sont peu nombreuses et celles auprès de populations peu qualifiées (low-skilled) précisent rarement le niveau de scolarité permettant de repérer les adultes sans diplôme terminal du secondaire, qu’il soit en formation générale ou en formation qualifiante (ex. : Barnes, Thomsen, Weber et Barabasch, 2016). Pourtant, dans une étude auprès de personnes conseillères d’orientation travaillant en milieux communautaires (Cardinal-Picard et Bélisle, 2011), la majorité disait travailler différemment avec les adultes sans diplôme, surtout pour soutenir leur motivation à aller chercher un premier diplôme.
Dans le cadre de notre communication, nous proposons une analyse de contenu de résultats de projets de notre centre de recherche, le Centre d’études et de recherches sur les transitions et l’apprentissage (CÉRTA) afin de retracer des signes d’évolution de la profession de conseillère et conseiller d’orientation à l’égard de cette population avec des besoins particuliers.
La profession de conseiller d’orientation (co) évolue et se transforme au gré des changements sociaux, politiques, culturels, économiques et technologiques qui mettent en jeu tant les exigences de formation, l’orientation des pratiques que les conditions d’exercice des co pour répondre adéquatement aux besoins de la population (Herr, 2013; Martin, Turcotte et Matte, 2013; Mellouki et Beauchemin, 1995). La pluralité et la complexité contemporaines des problématiques auxquelles les co sont confrontés accentuent en effet la nécessité d’une formation initiale et continue exigeante et adaptée. Pensons aux difficultés d’insertion et d’intégration culturelles et socioprofessionnelles vécues par les personnes immigrées (Béji et Pellerin, 2010) ou en situation de minorité linguistique (Samson, Sovet, Cournoyer et Lauzier, 2016), celles des populations éloignées du marché du travail dont la précarité socioéconomique se double souvent de troubles de santé mentale (OCDE, 2015), ou encore aux défis d’orientation scolaire des élèves handicapés, ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage dont le nombre se multiplie dans les établissements d’enseignement (Picard, 2016). Une sensibilité grandissante s’est développée dans le champ de l’orientation pour les inégalités sociales et pour la prise en compte du poids des contraintes systémiques dans les parcours de vie des personnes (Sultana, 2014; Blustein, 2016; Le Bossé, 2011). Au Québec, le législateur a reconnu la complexité des activités d’orientation auprès des personnes vulnérabilisées et a réservé certaines d’entre elles aux co (Gouvernement du Québec, 2012). Toutefois, les pratiques des co sont continuellement confrontées et soumises à des logiques financières et comptables qui influent sur la disponibilité et la qualité des services (Viviers et Dionne, 2016). Ce colloque propose une période d’échange et de réflexion critique sur les enjeux et sur les défis actuels et pluriels de la formation et de la pratique chez les co.
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