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Jérémie Ambroise : Institut Tshakapesh
L’innu est une des rares langues autochtones à être parvenue à se doter d’une orthographe standardisée, et ce, malgré le fait qu’elle présente d’importantes variations dialectales d’ordre phonologique. Depuis les tout premiers écrits au XVIIe siècle jusqu’à aujourd’hui, nous retracerons l’évolution de l’écriture innue incluant, notamment, le processus d’uniformisation rendu nécessaire par le manque d’homogénéité des pratiques orthographiques dans le système scolaire des années 70, défavorisant ainsi le partage de matériel pédagogique d’une communauté à l’autre. L’Institut Tshakapesh, alors connu sous le nom d’IECAM, et puis sous celui d’ICEM, se veut un chef de file dans ce processus qui, avec l’aide des linguistes Lynn Drapeau et José Mailhot, a abouti à la création du premier guide d’orthographe. Bien qu’aujourd’hui la standardisation de l’innu écrit soit a priori terminée, les défis restent multiples en ce qui concerne la diffusion et l’application de ce nouveau standard orthographique.
Notre présentation portera sur les avantages de l’adoption d’une orthographe standardisée, les défis auxquels nous sommes confrontés ainsi que les différentes solutions adoptées.
Le maintien et la revitalisation des langues autochtones du Canada comportent aujourd’hui des défis énormes pour tous les acteurs concernés, que ce soit les communautés autochtones qui prennent en charge l’enseignement de leurs langues respectives ou les chercheurs et les praticiens qui collaborent avec eux. Par ailleurs, la coexistence de différents contextes d’apprentissage implique différentes clientèles cibles et différents lieux d’enseignement.
Le colloque sur les langues autochtones qui s’est tenu au 85e Congrès de l’ACFAS proposait un regard actuel sur l’apprentissage des langues autochtones, notamment pour la clientèle des adultes, celle en milieu scolaire et celle se trouvant dans d’autres contextes. Plusieurs enjeux et besoins ont été articulés pendant ce colloque, particulièrement le manque criant de matériel pédagogique. En effet, la gestion des questions linguistiques et culturelles peut être extrêmement décentralisée dans le cas de certaines communautés autochtones qui sont responsables localement des initiatives de revitalisation linguistique ainsi que de l’instauration et de la gestion des programmes scolaires, tandis que d’autres groupes, comme les Cris et les Inuits, possèdent leur propre commission scolaire et des organismes centraux. Comme la situation d’une langue autochtone peut varier d’un important déclin dans l’usage à une utilisation courante de la langue, il peut être difficile, même à l’intérieur d’une même nation, d’établir un consensus autour d’objectifs communs en matière de transmission de la langue, par exemple en ce qui a trait au choix et à l’évaluation du matériel ou des méthodes pédagogiques adaptés. Or, comme le souligne le gouvernement du Québec dans son Plan d’action gouvernemental pour le développement social et culturel des Premières Nations et des Inuits (2017-2022), « le développement des communautés ne peut se réaliser sans un effort soutenu pour valoriser les langues autochtones, pour en augmenter le nombre de locuteurs et pour en promouvoir l’usage dans les activités du quotidien » (2017 : 34).
Dans le cadre du présent colloque, les coorganisateurs souhaitent donc réunir différents acteurs afin d’échanger sur des aspects tels que : les meilleures pratiques et les expériences concrètes en transmission ou en enseignement des langues autochtones, en portant une attention particulière à des sujets comme les méthodes et les outils d’apprentissage d’une langue autochtone en milieu scolaire (L1 ou L2), en milieu universitaire ou en milieu communautaire; les approches pédagogiques à privilégier pour pallier les niveaux variables de compétences en littératie dans la langue autochtone et dans la langue d’enseignement; l’effet d’une absence d’orthographe uniforme sur l’enseignement ou l’apprentissage d’une langue autochtone; ainsi que les expériences concrètes d’intégration de manuels d’apprentissage et de grammaires en langue autochtone dans l’enseignement, leur efficacité et leurs limites.
Titre du colloque :