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Sklaerenn Le Gallo : UQAM - Université du Québec à Montréal
La nécessité pour les chercheur.es de s’interroger sur leur positionnement est un enjeu éthique central notamment dans le cadre de recherches impliquant des individus en situation de vulnérabilité (personnes LGBTQ pour cette recherche). La présente proposition s’insère dans le cadre de l’axe 1 du présent colloque : le chercheur.e et sa recherche : parcours, sujet et choix et vise à interroger les pratiques de prise de parole pour et au nom de certaines catégories de personnes. En repartant des réflexions de Linda Alcoff (1991) sur le problème de parler pour et de Sara Ahmed (Ahmed, 2013b, 2013a, 2017) sur les épistémologies queer, nous voulons réfléchir aux rapports de pouvoir opérant dans le discours lors d’une prise de parole d’une personne hétérosexuelle et/ou cisgenre « au nom » des personnes LGBTQ. En ce sens, cette proposition d’ordre épistémologique vise à interroger la théorie du positionnement – standpoint theory (Harding, 2004) – pensée au sein des approches féministes et des études de genre. Cette perspective propose l’idée selon laquelle « les groupes socialement avantagés feraient preuve d’un déficit de réflexivité inhérent à leur position, qui se traduirait par une incapacité à interroger de manière systématique les effets de cette position sur la connaissance qu’ils produisent (Harding, 1992 : 56) » (Cervulle et al., 2016, p. 13).
Ce colloque, conjointement organisé par le Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII) et par la Chaire UNESCO en communication et technologies pour le développement de l’UQAM, portera sur les multiples formes de questionnements éthiques qui marquent spécifiquement la recherche en communication internationale et interculturelle (CII) et il constituera un lieu de rencontre entre chercheurs, étudiants et praticiens qui souhaitent participer à la mise en œuvre et au partage de réflexions autour des enjeux éthiques qui concernent la CII. Les participants présenteront des communications s’inscrivant dans un des trois axes suivants :
Axe 1 — Le chercheur et sa recherche : parcours, sujets et choix. Les participants sont conviés à partager leurs réflexions, démarches ou expériences concernant la place du chercheur dans les choix de sa recherche. Les enjeux épistémologiques et méthodologiques seront abordés. Quelles sont les incidences des histoires et parcours personnels des chercheurs sur leurs choix de sujets de recherche, et quels enjeux éthiques cette articulation appelle-t-elle? Comment peut-on définir et conceptualiser une recherche éthique dans la recherche en CII? Existe-t-il des enjeux spécifiques au niveau micro (chercheurs, praticiens)?
Axe 2 — La diversité des terrains : populations, objets, méthodes et obstacles. Les participants sont invités à partager leurs démarches et expériences de recherche et à réfléchir aux outils utilisés auprès des individus, des groupes et des communautés. Considérant la pluralité et la complexité des identités ainsi que les appartenances personnelles et sociales des individus, quels sont les défis, les enjeux et les facteurs à prendre en compte dans l’étude et l’intervention auprès de groupes ethnoculturels? Quelles méthodologies « éthiques » peuvent être déployées sur les terrains de l’international et de l’interculturel par les chercheurs en CII? Existe-t-il des obstacles relevant de l’éthique propres aux recherches en CII? Quels enjeux éthiques caractérisent l’étude des groupes et des personnes issus de diverses régions du monde? Quels sont les aspects éthiques de la recherche sur les médias transnationaux?
Axe 3 — Les contextes de la recherche : société, gouvernements, coopération et organismes. Les participants à cet axe partageront leurs réflexions, démarches et expériences concernant la recherche en CII en relation avec la société, les gouvernements, la coopération internationale ou les organismes subventionnaires et communautaires. Existe-t-il des enjeux spécifiques au niveau macrosocial (pour la société, les gouvernements, la coopération internationale) ou méso (les organismes subventionnaires, communautaires) dans la recherche en CII? Quels rapports et relations de pouvoir caractérisent les études en CII?
Titre du colloque :