Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Josée Gagné : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans un monde où la transformation des milieux de travail entraîne une complexification des contextes de pratique, les compétences disciplinaires sont insuffisantes pour faire face aux situations parfois épineuses et ambigües qui se présentent au quotidien (Baudry, 2010). Le développement d’un jugement professionnel rigoureux s’avère dès lors essentiel et il repose en grande partie, selon Lafortune (2007), sur l’élaboration d’une pensée critique dialogique (PCD). Le groupe de codéveloppement professionnel (GCP), par sa méthode et par la posture adoptée par la personne animatrice, peut constituer une démarche pertinente pour le développement de la PCD. En effet, il mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour que ces derniers apprennent à agir, penser et ressentir en dehors de leurs schèmes habituels, leur permettant ainsi de dépasser l’acquisition des compétences disciplinaires, pour apprendre un agir professionnel plus global.
Cette communication fait état des résultats d’une recherche-intervention réalisée dans le cadre d’une maîtrise auprès d’étudiants et d’étudiantes au collégial technique. Nous porterons un éclairage sur les conditions favorisant l’instauration d’un climat favorable à l’émergence de la PCD; les stratégies de communication ayant suscité les manifestations de la PCD; et les caractéristiques et les compétences de la personne animatrice qui sont incontournables pour favoriser l’émergence de la PCD chez les personnes participantes.
Si la méthode du groupe de codéveloppement professionnel (Payette et Champagne, 1997) était autrefois principalement adoptée par les gestionnaires, elle est aujourd’hui prônée et mise en place dans une grande diversité de milieux : privé, public, communautaire, associatif, intersectoriel, intellectuel, gouvernemental et même familial (Dumoulin et al., 2015; L’Hostie et al., 2015; Desjardins et al., 2015; Lemay et al., 2008 ; Poulin, 2015; Lafranchise et al., 2016). Cette variété des milieux de pratique implique conséquemment une variété de publics touchés, donc des profils fort différents, ce qui nécessite des adaptations menant aussi à innover et à générer de nouveaux outils en soutien au développement des groupes et des personnes (Sabourin et Lefebvre, 2017). Ainsi, plusieurs aspects peuvent exiger d’être revus, adaptés ou transformés : la méthode et ses étapes, les outils d’animation, d’accompagnement ou d’évaluation, l’animation et la posture de la personne qui anime le groupe, la posture et la contribution des membres du groupe de codéveloppement, etc. Tous ces aspects peuvent soulever des enjeux et questionnements importants quand vient le temps de démarrer et de soutenir le déploiement de ces groupes dans les organisations. Ce colloque propose une réflexion autour de deux axes principaux : 1) des besoins et enjeux émergents en ce qui concerne les groupes de codéveloppement; et 2) le partage d’innovations en codéveloppement professionnel.
Titre du colloque :