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Alexandre Buysse : Université Laval
Les progrès technologiques nous conduisent rapidement vers une omniprésence de l’intelligence artificielle. De nombreux économistes prévoient déjà une refonte complète de notre activité économique. Celle-ci entrainera à terme la disparition de la plupart des emplois actuels. La question se pose donc de savoir à quoi nous devons former dans nos institutions. En effet, les dernières décennies ont vu en effet augmenter la pression pour enseigner des compétences « utiles », et, parfois, un retour à des méthodes d’apprentissage reposant sur des connaissances primitives du fonctionnement cognitif. Paradoxalement, l’IA a suivi l’évolution inverse en délaissant le concept même d’accumulation systématisée de savoir et de résolution de problèmes simples. En effet, les chercheurs de ce domaine se sont inspiré des dernières connaissances de psychologie cognitive et ont mis l’accent sur la compétence d’apprendre à apprendre et sur l’organisation des connaissances. Dans ce monde en changement, nous interrogeons la part « humaine » de l’intelligence et nous questionnons ce qui permettrait d’y former. C’est ainsi que nous mettrons en valeur l’apport des arts et de la philosophie dans la formation de l’être humain afin qu’il puisse trouver une place dans un monde où l’IA accomplira mieux que nous une partie de nos compétences. Cette réflexion se prolongera par une proposition de principes d’enseignement compatibles avec le développement.
Au sein de ce colloque, nous examinerons les différentes interventions possibles sur les apprentissages en fonction de leurs effets sur le développement global du sujet. Nous aborderons des interventions tant scolaires que parascolaires. Nous débattrons également des cadres théoriques nécessaires pour penser ces démarches.
En effet, la recherche sur les méthodes d’apprentissage continue de prendre de l’ampleur, mais leurs effets à long terme sur le développement global ne sont pas souvent pris en compte ni mesurés, ni même discutés. Ce qui semble, à première vue, profitable à l’apprentissage, par exemple la réduction de la quantité d’informations présentées, peut se révéler porter préjudice à d’autres dimensions du développement, qu’elles soient cognitives, comme la capacité à résoudre des problèmes complexes, ou conatives, comme la motivation indispensable à la persévérance et les émotions nécessaires à la créativité (Buysse, 2012; Longcamp et Velay, 2011). Les interventions devraient ainsi prendre en compte un ensemble de dimensions du développement (Kholmogorova, 2016).
Nous traiterons ainsi des interventions tant scolaires que parascolaires et discuterons également des cadres théoriques essentiels pour penser ces démarches. Des éléments aussi variés que les cartes conceptuelles, l’interaction langagière, la prise en compte des cultures d’origine et les gestes pédagogiques seront examinés.
Nous considérerons ainsi les changements dans le rapport au savoir, le rapport à l’écrit, les genres de raisonnements, le rapport à l’émotion. Ce colloque, qui se situe dans la continuité de nos colloques précédents sur l’apprentissage et le développement, vise ainsi à examiner les manières d’intervenir auprès des sujets, que ce soit auprès de l’enfant, de l’élève ou de l’étudiant en formation professionnelle, ou encore auprès des élèves à besoins particuliers, à la lumière des effets développementaux des apprentissages. C’est dans cette optique que nous étudierons l’effet de diverses interventions sur le développement global de la personne tout en questionnant aussi sur plusieurs approches scientifiques et cadres théoriques.
Chaque participant dispose d’une heure pour présenter ses résultats ou ses idées et allouer du temps aux échanges ou au débat.
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