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Jacques A. De Guise : École de technologie supérieure
Depuis plus de 20 ans, notre groupe de recherche expérimente une approche pragmatique d’innovation ouverte impliquant l’ensemble des acteurs de l’écosystème des technologies de la santé. Cette expérience concrète nous permet de proposer un modèle d’innovation vivante et durable. Ce processus d’innovation, loin d’être linéaire, est caractérisé par des allers retours récurrents entre la recherche et les marchés, chacun alimentant l’autre de nouvelles idées issues de l’expérience et des usages. La promesse de valeur identifiée au moment de la genèse d’un projet d’innovation se transforme peu à peu en proposition de valeur permettant d’identifier, en plus de la valeur médicale ajoutée, la valeur clinico économique ainsi que les bénéfices populationnels. Les éléments d’innovation peuvent ainsi être constamment redéfinis en fonction des résultats de la recherche, des usages et de la commercialisation sur les marchés. Ce modèle inclut nécessairement, dès la genèse du projet, l’ensemble des acteurs de l’innovation, soit chercheurs, professionnels de la santé, industriels, patients partenaires et politiques, dans une démarche de laboratoire vivant. Le processus d’innovation doit aussi prévoir l’ensemble des démarches règlementaires et les informations nécessaires au remboursement du service médical rendu.
Ce colloque est voué à la recherche scientifique et à la mise en œuvre de cette recherche. Il mettra donc l’accent sur les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels (Lièvre et al., 2013) liés aux innovations collectives, en particulier aux Living Labs (LL, laboratoires vivants). Ces approches d’innovation ouverte (Chesbrough, 2003) empruntent aux savoirs existants tout en en créant de nouveaux avec les chercheurs, praticiens, usagers, pouvoirs publics ainsi qu’avec de multiples parties prenantes dont la fonction et la représentation varient selon le cas (Lehmann et al., 2015). Il est entendu ici que les connaissances sont distribuées (Trépos, 1997), que les usagers sont des experts (Von Hippel, 1988) et que les chercheurs constituent des « référents » pour l’action. Les LL considérés ici sont tout autant des laboratoires de fabrication et de conceptualisation que des laboratoires traitant de développement urbain et territorial (Besson et al., 2013) ou de projets citoyens (Miller-Rushing et al., 2012).
Devant de nombreux nouveaux défis sociétaux (développement durable, économie circulaire, projets responsables, urbanisation intense, vieillissement de la population, désengagement des pouvoirs publics, mondialisation, etc.), des façons plus écologiques de produire, d’habiter, d’échanger et d’être sont devenues nécessaires (Lafontaine, 2015), et ce, tout autant sur le plan de la pensée scientifique que sur celui de l’action sur le terrain (Salmelin, 2017). De ce fait, le colloque portera une attention particulière aux outils originaux de médiation, tels les objets-frontières (Star et Griesemer, 1989), ainsi qu’aux méthodes originales de production et aux nouvelles mesures d’évaluation des artefacts, qu’ils soient savoirs intangibles ou livrables tangibles. Le colloque se penchera aussi sur le rôle des acteurs au sein de ces diverses démarches (Nez, 2015) ainsi que sur les formes d’écosystèmes qui soutiennent et valorisent ces démarches d’innovation collective.
Ce colloque présente plus de 25 communications et cinq ateliers d’application en lien avec les thèmes suivants :
1) acteurs et écosystèmes d’innovation;
2) processus et méthodologies : retours d’expériences et nouvelles expérimentations;
3) objets-frontières et artefacts : représentations, illustrations et usages;
4) Living Labs / Laboratoires vivants : de nouvelles dynamiques d’acteurs, et d’action publique et territoriale;
5) partage des savoirs et collaboration : facteurs et conditions de succès;
6) évaluation de Living Labs ou de projets en mode Living Lab.
Titre du colloque :