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Une nouvelle ergonomie des séries québécoises? le cas de Féminin/Féminin

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Marta Boni : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le panorama de la sérialité québécoise a été étudié dans les années récentes à partir d’une série de remarques concernant le passage de l’oralité traditionnelle à une dimension visuelle plus raffinée (Demers 2006; Picard 2013; Barrette et Picard 2014). Dans ce cadre, un discours sur les mutations de la télévision à l’ère du numérique (Lotz 2017) peut-il faire émerger des questions liées à l’entrelacement de la dimension esthétique et de la dimension technologique ?

Nous travaillerons à partir du lien entre les formes et les plateformes de la télévision de fiction québécoise, afin de comprendre si le nouveau panorama numérique encourage une nouvelle ergonomie (Boni et Christoforo, à paraître), dans le but de restituer un lien entre les formes, les formats, les genres et les technologies de production et de diffusion.

L’objet choisi est Féminin/Féminin (Gagnon et Robichaud), une série québécoise née pour les nouvelles plateformes (la première saison, en 2014 est une websérie, la saison 2 est diffusée depuis le 14 février 2018 sur tou.tv): elle sera analysée dans sa dimension macroscopique (les saisons) et microscopique (épisode, séquence) afin de dégager une réflexion sur les promesses (manquées?) de la télévision dans ce nouveaux contexte, accompagnée d’observations sur les enjeux identitaires (québécois, LGBTQ) qu’elle soulève.

Résumé du colloque

Ce colloque proposera un état des lieux des télévisions au Québec, à l’ère d’une transformation des paysages médiatiques et législatif au pays. Le terme « télévisions » est ici employé au pluriel afin de tenir compte du fait que la « télévision au Québec » recouvre plusieurs réalités distinctes. Il sera donc certes question de la production québécoise francophone dominante, mais également de la production anglophone — notamment des séries canadiennes-anglaises souvent tournées à Montréal — et des émissions autochtones produites au Québec. Plus généralement, cet événement s’intéressera aux trois grands pôles de la communication télévisuelle (production, contenus, réception).

Les récentes transformations technologiques et réglementaires apportées au système de télédiffusion canadien ont contribué à une mutation des pratiques spectatorielles et des stratégies de production mises au point afin d’attirer le public local, lequel consacre une part très importante de son temps de visionnement à des émissions étrangères. Toutefois, bien que les inquiétudes devant la survie des télévisions locales au sein d’une économie et d’une culture transnationales soient justifiées, force est d’admettre que le cas de la télévision québécoise semble défier certains pronostics. Alors que les cotes d’écoute pour des productions locales sont en baisse dans une majorité de territoires, celles-ci paraissent relativement stables au Québec, en particulier dans le domaine du divertissement et des fictions (source : Numeris).

La télévision au Québec exige donc une étude tenant compte des enjeux qui menacent sa survie et sa rentabilité comme de ses stratégies d’adaptation. L’objectif de ce colloque sera aussi de réfléchir aux effets potentiels des récentes modifications des politiques canadiennes concernant la culture et la radiodiffusion pour le maintien d’une télévision de proximité (Dhoest, 2013; Straubhaar, 2007, 2010), à l’instar de celle du Québec ou des peuples autochtones.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 9 mai 2018

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