Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Simon Viviers : Université Laval
Le contexte socio-politique et organisationnel dans lequel œuvrent les conseillères et conseillers d’orientation (CO) en milieu scolaire, au Québec (Viviers, 2016; FPPE, 2016) comme dans plusieurs autres pays (p.ex., Amici & Lemoigne, 2007; Douglas, 2011), amène ceux-ci à exercer leur profession dans des situations génératives de stress de rôle et de tensions sur le plan de l’identité professionnelle. Inspiré principalement par le corpus théorique de la clinique du travail (Lhuilier, 2006) et de la sociologie de l’entreprise (Osty, 2002), nous abordons ce phénomène sous l’angle de la souffrance identitaire de métier. Cette contribution cherche à comprendre comment, au-delà de réactions défensives visant à protéger consciemment ou non leur intégrité psychologique, les CO peuvent défendre des conditions d’exercice soutenant le sens de leur activité professionnelle et de leur métier. À partir des données d’une recherche quantitative exploratoire menée auprès de 775 c.o. oeuvrant dans les établissements d’enseignement publics et privés (n=225), nous dresserons un portrait descriptif de l’échantillon à l’égard des variables de souffrance identitaire de métier et de stratégies de protection du métier, pour ensuite en cerner les interactions à l’aide d’analyses de régression. Les résultats seront discutés à l’égard de leurs implications tant pour les conditions d’exercice des CO en milieu scolaire secondaire que pour leur formation initiale et continue.
La profession de conseiller d’orientation (co) évolue et se transforme au gré des changements sociaux, politiques, culturels, économiques et technologiques qui mettent en jeu tant les exigences de formation, l’orientation des pratiques que les conditions d’exercice des co pour répondre adéquatement aux besoins de la population (Herr, 2013; Martin, Turcotte et Matte, 2013; Mellouki et Beauchemin, 1995). La pluralité et la complexité contemporaines des problématiques auxquelles les co sont confrontés accentuent en effet la nécessité d’une formation initiale et continue exigeante et adaptée. Pensons aux difficultés d’insertion et d’intégration culturelles et socioprofessionnelles vécues par les personnes immigrées (Béji et Pellerin, 2010) ou en situation de minorité linguistique (Samson, Sovet, Cournoyer et Lauzier, 2016), celles des populations éloignées du marché du travail dont la précarité socioéconomique se double souvent de troubles de santé mentale (OCDE, 2015), ou encore aux défis d’orientation scolaire des élèves handicapés, ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage dont le nombre se multiplie dans les établissements d’enseignement (Picard, 2016). Une sensibilité grandissante s’est développée dans le champ de l’orientation pour les inégalités sociales et pour la prise en compte du poids des contraintes systémiques dans les parcours de vie des personnes (Sultana, 2014; Blustein, 2016; Le Bossé, 2011). Au Québec, le législateur a reconnu la complexité des activités d’orientation auprès des personnes vulnérabilisées et a réservé certaines d’entre elles aux co (Gouvernement du Québec, 2012). Toutefois, les pratiques des co sont continuellement confrontées et soumises à des logiques financières et comptables qui influent sur la disponibilité et la qualité des services (Viviers et Dionne, 2016). Ce colloque propose une période d’échange et de réflexion critique sur les enjeux et sur les défis actuels et pluriels de la formation et de la pratique chez les co.
Titre du colloque :
Thème du colloque :