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Conférence d'ouverture : Apprendre aux futurs enseignants à faire analyser des documents en classe d'histoire, un "verrou d'apprentissage"

JJ

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Jean-Louis Jadoulle : Université TÉLUQ

Résumé de la communication

Aujourd’hui, la documentation historique sont promues comme les matériaux d’une « didactique de l’enquête » (Jadoulle, 2015) qui doit faire entrer les élèves dans une dynamique de questionnement et de recherche et leur faire apprendre la « pensée historienne » (Martineau, 2010 ; Seixas, 2013).

En s’appuyant sur l’analyse d’activités conçues par des futurs enseignants formés à l’Université de Liège, nous mettrons en évidence le faible niveau de sollicitation cognitive des élèves. Cet état de fait ampute les activités d’analyse de documents d’une part essentielle de leur raison d’être, à savoir leur vertu formative au plan intellectuel.

En conséquence, nous avons développé une proposition-type de scénario méthodologique censé amener les futurs enseignants à dépasser ce faible niveau de sollicitation cognitive des élèves (Jadoulle 2015), construite en trois temps.

Cependant, ce mode d’exploitation de documents se heurte à d’importantes difficultés d’apprentissage chez les futurs enseignants. La toute grande majorité de ceux-ci éprouvent de grandes difficultés à se déprendre des questions de demande d’informations dont la recherche confirme la prédominance et que les didacticiens déplorent pour le manque de potentiel formatif qu’elles recèlent. Ces difficultés d’apprentissage seront examinées en prenant appui sur la théorie des « verrous d’apprentissage » ou bottleneck (Pace, 2016).

Résumé du colloque

Le rapport Parent a amené l’enseignement de l’histoire au Québec à valoriser l’histoire comme science (Lefebvre, 1968) et le travail documentaire qui s’y associe, au détriment d’une conception héroïque et providentielle (Bouvier, 2012). Aussi, la notion de « document » s’est élargie graduellement afin d’inclure des œuvres d’art, des artefacts, des films historiques, des jeux vidéo, etc. Par ailleurs, des chercheurs ont conçu des démarches de questionnement des sources, allant au-delà des classiques critiques externe et interne. Ainsi, Wineburg (2001) identifie quatre raisonnements que l’élève pourrait appliquer en classe : 1) l’heuristique de la source : accorder le statut de source à un document; 2) la lecture en profondeur : examiner ce que dit une source explicitement ou implicitement; 3) l’heuristique de la contextualisation : situer le document et les événements qu’il rapporte par rapport à une réalité sociale; et 4) l’heuristique de la corroboration : vérifier les points de convergence et de divergence par rapport à des sources produites à la même époque. Également, Seixas (2013) a élaboré un cadre d’investigation des sources primaires balisé par six concepts majeurs : l’évidence; la signification; la continuité et le changement; les causes et les conséquences; la perspective historique et la dimension morale.

Il nous apparaît alors essentiel de réfléchir au rôle des sources documentaires dans l’enseignement des sciences humaines et aux approches pédagogiques à privilégier : l’approche par enquête, par problèmes, l’approche narrative, etc. Nous nous proposons de débattre des questions suivantes :

– Quel est le rôle des documents dans l’enseignement des sciences humaines?

– Quelles méthodes de questionnement de sources faut-il privilégier?

– Quels sont les avantages et les limites des différentes approches pédagogiques centrées sur le travail documentaire?

– Comment développer des habiletés critiques chez les apprenants à l’ère des documents numériques et du monde virtuel?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 10 mai 2018

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