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Simon Harel : Université de Montréal
L’histoire du Catalyseur d’imaginaires urbains représente bien le Montréal académique de demain. Alors que l’Université de Montréal planifiait de longue date la construction d’un complexe scientifique, nous avons pris l’initiative, avec l’appui décisif de la Faculté des arts et des sciences, de construire une cité de recherche et de création à ciel ouvert, la première du genre qui se veut une expérience de transmission des savoirs (en arts et lettres, sciences humaines et sociales, mais aussi sciences de la vie et de la nature).
Plus que jamais, l’université devra se faire hospitalière. Imaginons un bref instant le Campus MIL et le rôle qu’y joue depuis trois ans déjà le Catalyseur d’imaginaires urbains. Nous sommes situés aux abords de Parc-Extension, parmi nos voisins, par exemple le Wapikoni mobile qui explore les réalités autochtones d’aujourd’hui par l’image et le son. À cinq minutes de marche, la rue Jean-Talon, l’avenue du Parc nous font entendre les accents de l’immigration récente. Montréal arabophone, de Casablanca à Beyrouth. Changeons de cap. Outremont en bas, Outremont en haut, en somme la grande bourgeoisie francophone et les enracinements hassidiques de la judéité montréalaise. Villeray, Marconi-Alexandra, les quartiers montréalais de triplex et d’usines reconverties en studios d’effets spéciaux. Moment Factory y loge. Et dans ce brassage d’idées, ces croisements de cultures, se trouve le Catalyseur d’imaginaires urbains.
Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.
Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.
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