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Madeleine Pastinelli : Université Laval
Cette communication vise à proposer quelques éléments de réflexion pour conceptualiser les processus de pluralisation qui prennent place dans la société québécoise comme dans l’ensemble des sociétés occidentales. Il s’agira d’offrir des pistes de réflexion et d’analyse permettant de relier entre eux une diversité de phénomènes sans rapports apparents, mais qui convergent dans une même mutation sociohistorique et participent de la pluralisation ou y contribuent. On entend par pluralisation la multiplication des modes de vie, des normes, des identités ou des appartenances qui sont visibles, audibles et reconnaissables dans l'espace public, une transformation qui concerne autant les identités ethnoculturelles qu’une diversité d’expériences minoritaires choisies ou subies (le handicap, la non-conformité aux attentes sociales liées au genre, l’adhésion à certaines valeurs, etc.). La perspective proposée invite à penser la pluralisation comme résultant autant de phénomènes objectifs (migration, mondialisation, TIC) que d'une profonde transformation des valeurs, représentations et sensibilités, en vertu de laquelle se multiplient les expériences, identités ou points de vue considérés comme dignes d'être entendus et intégrés à la société dans son ensemble.
Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.
L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.
À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?
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