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Frédérick Bertrand : Université Laval
Les commémorations entourant le centenaire de la Première Guerre mondiale sont l’occasion de revenir et d’interroger à nouveau ce passé trouble, au fondement du XXe siècle. Les romans de la Grande Guerre, qu’il s’agisse du Feu, d’Henri Barbusse, de La Peur de Gabriel Chevallier, des Croix de bois de Roland Dorgelès, ou d’autres encore, ont permis à leur auteur, tous anciens soldats devenus écrivains, de rendre compte de leur expérience de l’horreur. Cette communication se propose donc, sur la base de la notion d’abjection telle que définie par Julia Kristeva dans Pouvoirs de l’horreur, d’étudier la représentation de l’abject dans les trois récits romanesques français précédemment nommés. Selon Kristeva, le comble de l’abjection est « le cadavre », ce qui a « irrémédiablement chuté » (Kristeva: 11). Il s’agira donc tout particulièrement de s’attarder aux représentations des corps morts dans le texte et à leurs effets sur la diégèse, de même qu’aux stratégies discursives employées pour traiter de l’horreur des tranchées. Ces représentations de l’abjection sont parfois explicitement violentes, d’autres fois teintées d’humour, ou encore sont figurées par contraste ou par la mise en scène d’une animalité, mais restent toujours signifiantes et semblent avoir une fonction cathartique. Dans le cadre de cette communication, je m’attacherai donc à relever ces éléments textuels et leurs effets au prisme de la notion décrite par Kristeva.
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