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Esther Mc Sween-Cadieux : Université de Sherbrooke
Malgré les efforts déployés au cours des dernières décennies, le fossé entre les connaissances scientifiques disponibles et leur utilisation persiste. Ce décalage s’explique notamment par la difficulté de transférer les connaissances scientifiques vers les utilisateurs potentiels (population générale, milieux cliniques, milieux politiques, médias). Aussi, une importance de plus en plus grande est aujourd’hui accordée aux mécanismes de transfert de connaissances (TC). Ce mouvement se manifeste par l’apparition, au cours des dernières décennies, de nombreuses nouvelles approches : courtage des connaissances, prise de décision et pratiques fondées sur des données probantes, application des connaissances, valorisation des connaissances, etc. Cependant, les études sur le sujet montrent que le processus menant à l’utilisation des connaissances est si complexe que la science et la recherche sont encore trop peu considérées par ceux qui pourraient en profiter. Lors de la présentation, les participants auront l’occasion de: 1) se familiariser avec le vocabulaire et les concepts de base liés au TC et 2) d’identifier les principaux défis liés à l’accompagnement d’une démarche de TC sur le terrain.
En date du 8 janvier 2017, l’article Les tricheurs de la science, publié par la journaliste Marie-Claude Malboeuf, a été partagé sur Facebook plus de 2700 fois, sans compter le nombre considérable de commentaires témoignant d’une vive réaction de la part de la population. Cet article, avec les commentaires qui en découlent, est un exemple parmi tant d’autres de l’incompréhension de la part du public par rapport à la recherche. Dans une ère où les connaissances foisonnent, il devient primordial de les traduire afin qu’elles puissent être utilisables par la société. Or, il apparaît que les acteurs clés du processus de production et de diffusion des connaissances travaillent généralement en silo et négligent l’importance de l’alliance des compétences. De fait, les rôles différents des médias et de la communauté scientifique semblent nuire à l’union de leur force qui permettrait pourtant une meilleure promotion des connaissances issues de la recherche. Il en est de même pour certains établissements cliniques, qui ont de la difficulté à faire valoir leur besoin de recherche auprès des chercheurs. Il va sans dire que les milieux politiques et la communauté scientifique gagneraient aussi à consolider leur partenariat. Ainsi, les milieux scientifiques, cliniques, politiques et les médias pourraient bénéficier d’une collaboration renforcée, ce qui par le fait même, offrirait une meilleure visibilité de la recherche en science humaine et sociale auprès de la population générale. Enfin, devant la croissance exponentielle des sources et des données disponibles, il importe de réfléchir ensemble à la place que doit occuper la recherche au sein de la société. Confrontée à des politiques, des médias et même des scientifiques qui opposent les sciences dites « pures » aux sciences humaines et sociales trop souvent dites « molles », il est maintenant l’heure de redonner ses lettres de noblesse à la production scientifique émanant de ces dernières.
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