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Deuil compliqué ou deuil en pointillés?

CF

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Christine Fawer Caputo : Haute école pédagogique du canton de Vaud

Résumé de la communication

Nombre d’auteurs considèrent le deuil comme un processus. Le travail de deuil (Freud, 1917) consiste pour la personne endeuillée à comprendre que l’objet aimé n’existe plus et à retirer toute la libido des liens qui la retiennent à cet objet (la decathexis) afin de pouvoir se réinvestir dans de nouvelles relations (la recathexis). Ce processus est parfois décrit en étapes ou en phases, mais la majorité des chercheurs s’accordent à dire qu’il doit obligatoirement se terminer, sinon la personne endeuillée tombera malade, ce que d’aucuns nomment deuil compliqué ou pathologique.

Pourtant, ces dernières années on constate l’émergence de nouvelles recherches qui démontrent que les endeuillés conservent des liens avec les défunts même si la nature de ces liens se modifie (Molinié, 2006). Pour Berthod (2014), le deuil n’est pas à considérer comme un processus – et donc comme ayant une fin identifiée – mais plutôt comme une succession de moments et de circonstances d’intensité émotionnelle et affective variable, dans des contextes sociaux souvent distincts et fragmentés ; soit un deuil « en pointillés » qui peut se (re)manifester en fonction de circonstances, de contextes ou d’opportunités. À partir de données d’entretiens, cette communication se propose de montrer comment la mort d’élèves ou de parents d’élèves peut réactiver des réactions de deuil chez des enseignants ayant vécu la perte d’une personne significative dans leur enfance ou dans leur vécu plus ou moins proche.

Résumé du colloque

Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et il est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socioéconomiques sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui de déterminer certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux.

Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal, ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc., se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Au cours d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres vivent d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes vient perturber la qualité de vie et le bien-être des personnes exposées à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands.

Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels divers.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Jacques Cherblanc
section icon Date : 10 mai 2018

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