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Julien Vallée-Longpré : Université Laval
La présence européenne en Amérique du Nord a modifié la vie des tribus autochtones et a mené à la destruction de la confédération huronne par les Iroquois en 1650. Cet événement est majeur dans l’histoire autochtone ainsi que dans celle du développement des sociétés européennes en Amérique. En effet, ces guerres intertribales ont été influencées par la présence de ces dernières et par le positionnement stratégique de chacune d’elles, soit de l’alignement Français-hurons et Hollandais-Iroquois (Delage, 1991), puis Britannique-Iroquois.
L’étude des sociétés autochtones au début de 17e siècle fait partie du contenu prescrit par le nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada (PFEQ, 2017) et ce sujet est traité dans les manuels d’histoire. Nous voulions savoir dans quelle mesure ces alliances d’époque influent sur la façon dont on présente aujourd’hui la destruction de la Huronie.
Dans ce contexte, nous avons analysé de quelle façon les manuels d’histoire du Québec et du Canada traitent de la disparition de la Huronie et surtout du degré d’agentivité dont les populations huronnes et iroquoises font usage (Barton, 1991). Plus précisément, nous avons comparé le récit de deux manuels francophones et de deux manuels anglophones.
Nos résultats permettent de mieux comprendre la pluralité du passé et les différentes perspectives d’un événement historique qui peuvent conduite à ce qu’un même acteur historique peut être présenté comme personnage négatif ou positif (Stan, 2015).
Le rapport Parent a amené l’enseignement de l’histoire au Québec à valoriser l’histoire comme science (Lefebvre, 1968) et le travail documentaire qui s’y associe, au détriment d’une conception héroïque et providentielle (Bouvier, 2012). Aussi, la notion de « document » s’est élargie graduellement afin d’inclure des œuvres d’art, des artefacts, des films historiques, des jeux vidéo, etc. Par ailleurs, des chercheurs ont conçu des démarches de questionnement des sources, allant au-delà des classiques critiques externe et interne. Ainsi, Wineburg (2001) identifie quatre raisonnements que l’élève pourrait appliquer en classe : 1) l’heuristique de la source : accorder le statut de source à un document; 2) la lecture en profondeur : examiner ce que dit une source explicitement ou implicitement; 3) l’heuristique de la contextualisation : situer le document et les événements qu’il rapporte par rapport à une réalité sociale; et 4) l’heuristique de la corroboration : vérifier les points de convergence et de divergence par rapport à des sources produites à la même époque. Également, Seixas (2013) a élaboré un cadre d’investigation des sources primaires balisé par six concepts majeurs : l’évidence; la signification; la continuité et le changement; les causes et les conséquences; la perspective historique et la dimension morale.
Il nous apparaît alors essentiel de réfléchir au rôle des sources documentaires dans l’enseignement des sciences humaines et aux approches pédagogiques à privilégier : l’approche par enquête, par problèmes, l’approche narrative, etc. Nous nous proposons de débattre des questions suivantes :
– Quel est le rôle des documents dans l’enseignement des sciences humaines?
– Quelles méthodes de questionnement de sources faut-il privilégier?
– Quels sont les avantages et les limites des différentes approches pédagogiques centrées sur le travail documentaire?
– Comment développer des habiletés critiques chez les apprenants à l’ère des documents numériques et du monde virtuel?
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