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Marie-Christine Brault : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
L’importance du milieu scolaire et des enseignants dans l’identification et l’étiquetage des élèves sous la catégorie « TDAH » est déjà bien connue (Brancaccio, 2000; Hinshaw & Scheffler, 2014). Les comportements d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité associés au Trouble du déficit de l’attention/hyperactivité sont perçus comme allant à l’encontre de l’idéal-type du bon élève, dérangent autant l’enseignement, que l’enseignant et les pairs dans la classe. Au Québec, comme ailleurs, le diagnostic de TDAH fait l’objet d’une grande attention médiatique entre autres pour l’ampleur des faux-diagnostics qui y sont associés et qui représenteraient jusqu’à 50% des cas (Merten et al. 2017). Cette situation constitue un problème social ayant d’importants coûts médicaux et pharmacologiques, ainsi que des conséquences à long terme pour les jeunes et la société. Malgré tout, peu d’études se sont intéressées au diagnostic de TDAH en tant qu’inégalité pouvant être créée par l’école. L’objectif est de discuter des éléments de l’environnement scolaire qui pourraient être associés à l’identification des élèves sous la catégorie TDAH, principalement ceux en lien avec les acteurs de l’environnement scolaire. D’abord, en s’intéressant aux caractéristiques des élèves qui fréquentent l’école, ensuite aux croyances des enseignants qui, lorsque partagées par tous les acteurs d’une école, forment une culture scolaire, distincte d’un établissement à l’autre (Van Houtte, 2004).
L’importance des milieux de vie et des contextes sociaux sur les expériences vécues et les répercussions de ces expériences sur chacun des individus sont désormais reconnues (Bronfenbrenner, 1979; Elder, 1999; Dupéré et coll., 2015). Chez les jeunes, l’environnement scolaire est particulièrement influent (Eccles et Roeser, 2011), non seulement sur leur réussite éducative, mais également sur leur développement, leurs comportements et leur bien-être. La contribution de l’école à la santé et au bien-être des jeunes s’effectue de plusieurs manières : soit en offrant des environnements scolaires positifs et de qualité (ex. : sécurisants, chaleureux, inclusifs), soit par l’entremise de cours d’éducation à la santé, de la promotion des saines habitudes de vie, du dépistage des troubles, etc. L’école possède au moins deux avantages majeurs qui favorisent cette contribution unique : d’abord, elle regroupe la presque totalité des jeunes; ensuite, elle possède les infrastructures nécessaires à la mise en œuvre de programmes, qui ne pourraient exister hors du milieu scolaire ou qui n’auraient pas les mêmes effets.
L’objectif de ce colloque est de mettre en lumière la contribution de l’environnement scolaire à la santé et au bien-être des jeunes. Le terme environnement scolaire regroupe les éléments structurels (composition sociale, environnement physique, etc.) et les processus organisationnels (valeurs, culture, pratiques, etc.) qui contribuent à faire des écoles des milieux de vie unique. L’école étant, après la famille, le principal milieu de vie des jeunes, il est important de comprendre si des éléments du contexte scolaire peuvent avoir un impact sur leur santé en général et sur leur santé mentale de manière spécifique, tout en déterminant quels sont ces éléments et comment ils agissent. Une attention particulière sera accordée aux résultats d’études menées en contexte scolaire et concernant soit des programmes de prévention particuliers, soit la mise en place favorable de processus scolaires, soit des actions d’intervenants scolaires.
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