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Maryse Feliziani : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Nous présentons une recension des écrits visant à comprendre d’une part la réalité des jeunes en douance et d’autre part, les interventions proposées à ce jour dans le cadre scolaire. Sur cette base nous problématisons les enjeux développementaux pour ces élèves à haut potentiel, et esquissons une approche d’intervention vygotskienne. En effet, certains auteurs tentent de mettre en évidence la réalité de ces élèves, qui sont souvent confrontés à un système qui ne répond pas à leurs besoins. En effet, pour Winebenner (2008), les élèves doués font partie de ceux qui reçoivent généralement le moins d’attention de la part de l’enseignant et qui ont le moins de possibilités, par rapport à leurs camarades de classe, de travailler avec du contenu scolaire adapté au développement de leur potentiel. À cela, peut s’ajouter, selon Tordjman (2010), une possibilité de comorbidités qui vient « voiler » le potentiel du jeune doué. Il est désormais reconnu que l’élève doué peut vivre des difficultés scolaires et que la douance peut se manifester sous plusieurs facettes (Alberta Education, 2002), mais il n’en demeure pas moins que l’enseignant doit être en mesure de répondre aux besoins individuels de ces jeunes et d’intervenir adéquatement en classe. Nous esquissons une proposition d’intervention visant à mettre à contribution les compétences exceptionnelles de ces élèves afin de permettre un développement global se déployant tant au plan personnel que scolaire
Au sein de ce colloque, nous examinerons les différentes interventions possibles sur les apprentissages en fonction de leurs effets sur le développement global du sujet. Nous aborderons des interventions tant scolaires que parascolaires. Nous débattrons également des cadres théoriques nécessaires pour penser ces démarches.
En effet, la recherche sur les méthodes d’apprentissage continue de prendre de l’ampleur, mais leurs effets à long terme sur le développement global ne sont pas souvent pris en compte ni mesurés, ni même discutés. Ce qui semble, à première vue, profitable à l’apprentissage, par exemple la réduction de la quantité d’informations présentées, peut se révéler porter préjudice à d’autres dimensions du développement, qu’elles soient cognitives, comme la capacité à résoudre des problèmes complexes, ou conatives, comme la motivation indispensable à la persévérance et les émotions nécessaires à la créativité (Buysse, 2012; Longcamp et Velay, 2011). Les interventions devraient ainsi prendre en compte un ensemble de dimensions du développement (Kholmogorova, 2016).
Nous traiterons ainsi des interventions tant scolaires que parascolaires et discuterons également des cadres théoriques essentiels pour penser ces démarches. Des éléments aussi variés que les cartes conceptuelles, l’interaction langagière, la prise en compte des cultures d’origine et les gestes pédagogiques seront examinés.
Nous considérerons ainsi les changements dans le rapport au savoir, le rapport à l’écrit, les genres de raisonnements, le rapport à l’émotion. Ce colloque, qui se situe dans la continuité de nos colloques précédents sur l’apprentissage et le développement, vise ainsi à examiner les manières d’intervenir auprès des sujets, que ce soit auprès de l’enfant, de l’élève ou de l’étudiant en formation professionnelle, ou encore auprès des élèves à besoins particuliers, à la lumière des effets développementaux des apprentissages. C’est dans cette optique que nous étudierons l’effet de diverses interventions sur le développement global de la personne tout en questionnant aussi sur plusieurs approches scientifiques et cadres théoriques.
Chaque participant dispose d’une heure pour présenter ses résultats ou ses idées et allouer du temps aux échanges ou au débat.
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