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Facebook et les interactions posthumes : étude des nouvelles modalités de la vie après la mort

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Sonia Trépanier : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Lorsqu’un usager Facebook décède, à moins d’arrangement préalable pour en assurer la suppression, son profil lui survit. Abandonné tel quel ou encore transformé en page commémorative par les proches, celui-ci demeure actif permettant que des « interactions posthumes » (Maciel et al., 2015) entre usagers vivants et décédés s’accomplissent. Ces nouvelles formes d’interactions transforment désormais l’échéancier rituel des commémorations collectives en décisions personnelles qui s’établissent au rythme des émotions individuelles, mais toujours au sein d’un espace public. Pour l’organisation des relations sociales se déployant dans le monde virtuel, le phénomène naturel de la mort humaine apparaît donc comme problématique, car il réunit sur les réseaux sociaux numériques, dans un même espace-temps, les vivants et les morts. Alors que temps, spatialité et intimité sont redéfinis indépendamment des réalités physiques et où « la séparation des morts de l’espace quotidien des vivants est substituée par l’inclusion permanente des défunts dans la communauté » (Gamba, 2007:144) une compréhension intégrant le rapport à l’interface technologique et à son influence sur le lien social apparaît aujourd’hui nécessaire. Dans l’absence d’un contrôle légal sur la propriété numérique, la communication proposée permettra de documenter les modalités et les effets de la pratique des interactions posthumes sur Facebook.

Résumé du colloque

Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.

L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.

À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 10 mai 2018

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