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Sylvie Coupleux : Université d'Artois
La proposition s’appuie sur des travaux en cours, elle repose sur une analyse de l’habiter, du vivre ensemble à partir d’une expérience d’insertion d’un îlot intergénérationnel de logements sociaux en péricentre urbain de la ville d’Arras (Hauts-de-France).
Le contexte particulier de l’habitat social est également celui du vieillissement des locataires et de la prise en compte de leur capacité à redéployer mobilités et réseaux pour redessiner leur espace de vie, c’est aussi, dans un autre registre et en termes d’aménagement cette fois, la question du traitement d’une friche imposante marquant le paysage et la vie du quartier, celle d’une ancienne clinique. Lorsque le bailleur social s’inscrit dans la démarche de mixité, c’est pour limiter l’isolement et la réclusion des personnes vieillissantes.
L’approche proposée est avant tout qualitative, elle repose notamment sur des entretiens et cartes mentales réalisés auprès et par des locataires. Elle tend à faire émerger la façon dont se construisent les proximités, les discontinuités ; la façon dont les habitants s’approprient ou non les outils mis en place par le bailleur.
A travers l’observation des pratiques spatiales, sociales et des représentations, nous observons la capacité des habitants à redéfinir au cours du cycle de vie leur espace du quotidien pour le rendre plus habitable. Il s’agit notamment de montrer la façon dont peuvent se construire et évoluer les territorialités habitantes.
Comment qualifier un territoire d’habitable? Comment définir l’habitabilité territoriale et comment les organisations territoriales agissent, maintiennent, soutiennent ou freinent les processus de construction d’habitabilité? Ces questions se posent-elles différemment dans les marges et périphéries, et dans les centres, que ceux-ci soient en développement ou en récession? Quel rôle joue l’inventivité habitante dans ces processus? La question de l’habitabilité des territoires contemporains est épineuse. Face à la crise de l’habitat et du logement, à celle des migrations et des valeurs mobilisées dans les processus d’identification, « aménager l’espace pour l’habiter » paraît parfois comme un problème insoluble. Ce qui fait problème est le décalage croissant entre l’aspiration des humains à habiter partout — avec tout mais pas avec tous — et l’organisation de l’action publique, collective et individuelle pour « rendre habitable ».
La proposition de ce colloque est de traiter de cette question en confrontant des chercheurs travaillant sur ce sujet et des acteurs proches de la recherche. Il est donc attendu deux types de soumissions : l’une en provenance de chercheurs à partir de résultats de recherche obtenus récemment et l’autre en provenance d’acteurs à partir de leur expérience acquise dans une collectivité territoriale, une communauté, une association, un groupement professionnel, un bureau d’étude, etc. Ce croisement s’est avéré nécessaire à la suite d’un programme de recherche intitulé TerrHab dont les organisateurs avaient la responsabilité et correspond à l’un des engagements scientifiques prévus.
Ce colloque assume l’ambition de permettre une mise en débat comparatiste entre des contextes territoriaux, d’action publique et de culture différents (Europe/Amériques, France/Québec…) y compris à partir d’exposés rendant compte de recherches conduites sur des cas particuliers à des échelles nationales, régionales ou même très locales.
Titre du colloque :