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Katherine Jusseaume Dumont : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication se penchera sur les parcours migratoires des individus qui ont choisi de s’établir de manière «permanente», dans le Québec du Nord, en l’occurrence en Minganie de l’Est (Côte-Nord). Avec son vaste territoire, son éloignement des grands centres urbains, sa périphérie, la petitesse de ses communautés allochtones et autochtones, ainsi que ses caractéristiques biophysiques et climatiques, elle est un terrain pertinent pour étudier l’expérience de l’habiter nordique de ses nouveaux résidents. Nous nous intéressons particulièrement à leurs parcours migratoires antérieurs et postérieurs à leur installation. En effet, les nouvelles populations du Québec du Nord connaissent une importante mobilité. Celle-ci façonne l’espace social et module les politiques institutionnelles, notamment en raison d’un fort roulement de personnel. Afin de bien cerner les facteurs d’attraction, de rétention et de répulsion, nous avions rencontré en 2012 des nouveaux résidents qui ont élu domicile en Minganie de l’Est. Nous les avons retracés 6 ans plus tard afin de les questionner sur leurs choix résidentiels, leurs rapports au territoire passé et actuel et leurs liens avec les populations côtoyées. Avec cette recherche longitudinale, nous souhaitons ainsi pallier le manque de connaissances sur les migrants qui ont quitté les milieux qu’ils ont habités. Nous en présenterons les résultats préliminaires et les défis méthodologiques rencontrés lors de notre collecte de données.
Comment qualifier un territoire d’habitable? Comment définir l’habitabilité territoriale et comment les organisations territoriales agissent, maintiennent, soutiennent ou freinent les processus de construction d’habitabilité? Ces questions se posent-elles différemment dans les marges et périphéries, et dans les centres, que ceux-ci soient en développement ou en récession? Quel rôle joue l’inventivité habitante dans ces processus? La question de l’habitabilité des territoires contemporains est épineuse. Face à la crise de l’habitat et du logement, à celle des migrations et des valeurs mobilisées dans les processus d’identification, « aménager l’espace pour l’habiter » paraît parfois comme un problème insoluble. Ce qui fait problème est le décalage croissant entre l’aspiration des humains à habiter partout — avec tout mais pas avec tous — et l’organisation de l’action publique, collective et individuelle pour « rendre habitable ».
La proposition de ce colloque est de traiter de cette question en confrontant des chercheurs travaillant sur ce sujet et des acteurs proches de la recherche. Il est donc attendu deux types de soumissions : l’une en provenance de chercheurs à partir de résultats de recherche obtenus récemment et l’autre en provenance d’acteurs à partir de leur expérience acquise dans une collectivité territoriale, une communauté, une association, un groupement professionnel, un bureau d’étude, etc. Ce croisement s’est avéré nécessaire à la suite d’un programme de recherche intitulé TerrHab dont les organisateurs avaient la responsabilité et correspond à l’un des engagements scientifiques prévus.
Ce colloque assume l’ambition de permettre une mise en débat comparatiste entre des contextes territoriaux, d’action publique et de culture différents (Europe/Amériques, France/Québec…) y compris à partir d’exposés rendant compte de recherches conduites sur des cas particuliers à des échelles nationales, régionales ou même très locales.
Titre du colloque :