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Annie Aimé : UQO - Université du Québec en Outaouais
L’intimidation en lien avec le poids est fréquemment observée en milieux scolaires. Certains chercheurs avancent même que le poids constitue la caractéristique pour laquelle les jeunes du primaire et du secondaire sont les plus à risque de se faire intimider. D’autres ont montré que les jeunes qui présentent de l’embonpoint ou de l’obésité sont non seulement à risque de se faire intimider mais qu’ils peuvent également devenir des intimidateurs. En s’appuyant sur des données de recherche conduites au Québec et ailleurs, cette présentation offrira des informations en lien avec la prévalence de l’intimidation en lien avec le poids en milieu scolaire, ses conséquences et la place qu’elle occupe dans les programmes anti-intimidation ayant été évalués à ce jour. Nos résultats indiquent que l’intimidation en lien avec le poids est plus fréquente à l’école secondaire que primaire, qu’elle conduit certains jeunes à s’absenter plus souvent de même qu’à être plus insatisfaits de leur corps et à chercher plus activement à le modifier. Ils suggèrent également que cette forme d’intimidation devrait être plus systématiquement considérée dans les programmes visant à contrer l’intimidation en milieu scolaire et que le personnel scolaire pourrait bénéficier de recommandations concrètes en matière d’intervention en situation d’intimidation par rapport au poids.
L’importance des milieux de vie et des contextes sociaux sur les expériences vécues et les répercussions de ces expériences sur chacun des individus sont désormais reconnues (Bronfenbrenner, 1979; Elder, 1999; Dupéré et coll., 2015). Chez les jeunes, l’environnement scolaire est particulièrement influent (Eccles et Roeser, 2011), non seulement sur leur réussite éducative, mais également sur leur développement, leurs comportements et leur bien-être. La contribution de l’école à la santé et au bien-être des jeunes s’effectue de plusieurs manières : soit en offrant des environnements scolaires positifs et de qualité (ex. : sécurisants, chaleureux, inclusifs), soit par l’entremise de cours d’éducation à la santé, de la promotion des saines habitudes de vie, du dépistage des troubles, etc. L’école possède au moins deux avantages majeurs qui favorisent cette contribution unique : d’abord, elle regroupe la presque totalité des jeunes; ensuite, elle possède les infrastructures nécessaires à la mise en œuvre de programmes, qui ne pourraient exister hors du milieu scolaire ou qui n’auraient pas les mêmes effets.
L’objectif de ce colloque est de mettre en lumière la contribution de l’environnement scolaire à la santé et au bien-être des jeunes. Le terme environnement scolaire regroupe les éléments structurels (composition sociale, environnement physique, etc.) et les processus organisationnels (valeurs, culture, pratiques, etc.) qui contribuent à faire des écoles des milieux de vie unique. L’école étant, après la famille, le principal milieu de vie des jeunes, il est important de comprendre si des éléments du contexte scolaire peuvent avoir un impact sur leur santé en général et sur leur santé mentale de manière spécifique, tout en déterminant quels sont ces éléments et comment ils agissent. Une attention particulière sera accordée aux résultats d’études menées en contexte scolaire et concernant soit des programmes de prévention particuliers, soit la mise en place favorable de processus scolaires, soit des actions d’intervenants scolaires.
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