Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Christine Saint-Jacques : Université Laval
Comment permettre le développement de réponses sociales et législatives en plus grande résonnance avec les besoins de la société? Depuis plusieurs années, d’abord le Québec, puis le Canada, misent sur un modèle de développement des connaissances fondées sur la co-construction des connaissances. Ce dernier repose sur le postulat que le travail en concertation des différents acteurs concernés par un objet est générateur de connaissances pertinentes et innovantes et d’actions en plus grande cohérence avec les besoins de la société. Ce qui pose problème dans l’action est pris en compte dans les recherches et les réponses qui en découlent bénéficient d’une interprétation éclairée par ces multiples perspectives. La recherche partenariale oblige à plus de réflexivité de la part de chacun, ce qui génère une compréhension approfondie des phénomènes étudiés (Gibbons et coll., 1994). Elle se révèle aussi une stratégie mobilisatrice puisque les acteurs qui ont l’occasion de participer au développement de la recherche s’y sentent davantage liés. L’action dans le domaine s’en trouve ainsi renforcée (Cinq-Mars et coll., 2010). Cette communication vise à présenter quelques réflexions qui émanent de ma participation à différentes initiatives de recherche basées sur le mécanisme de la concertation entre les milieux universitaire et non universitaire. Il sera essentiellement question des avantages, des embûches et des pratiques qui peuvent rendre cette concertation plus ou moins féconde.
En date du 8 janvier 2017, l’article Les tricheurs de la science, publié par la journaliste Marie-Claude Malboeuf, a été partagé sur Facebook plus de 2700 fois, sans compter le nombre considérable de commentaires témoignant d’une vive réaction de la part de la population. Cet article, avec les commentaires qui en découlent, est un exemple parmi tant d’autres de l’incompréhension de la part du public par rapport à la recherche. Dans une ère où les connaissances foisonnent, il devient primordial de les traduire afin qu’elles puissent être utilisables par la société. Or, il apparaît que les acteurs clés du processus de production et de diffusion des connaissances travaillent généralement en silo et négligent l’importance de l’alliance des compétences. De fait, les rôles différents des médias et de la communauté scientifique semblent nuire à l’union de leur force qui permettrait pourtant une meilleure promotion des connaissances issues de la recherche. Il en est de même pour certains établissements cliniques, qui ont de la difficulté à faire valoir leur besoin de recherche auprès des chercheurs. Il va sans dire que les milieux politiques et la communauté scientifique gagneraient aussi à consolider leur partenariat. Ainsi, les milieux scientifiques, cliniques, politiques et les médias pourraient bénéficier d’une collaboration renforcée, ce qui par le fait même, offrirait une meilleure visibilité de la recherche en science humaine et sociale auprès de la population générale. Enfin, devant la croissance exponentielle des sources et des données disponibles, il importe de réfléchir ensemble à la place que doit occuper la recherche au sein de la société. Confrontée à des politiques, des médias et même des scientifiques qui opposent les sciences dites « pures » aux sciences humaines et sociales trop souvent dites « molles », il est maintenant l’heure de redonner ses lettres de noblesse à la production scientifique émanant de ces dernières.
Titre du colloque :
Thème du colloque :