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Charlotte Desplat : Université Laval
La fin du 20e siècle marque un intérêt renouvelé des sociologues pour les sous-cultures. Seulement, les femmes, pourtant actrices principales de certaines sous-cultures comme le Roller Derby, se sont retrouvées marginalisées dans l’étude des sous-cultures. Le Roller Derby, un sport de contact créé et joué quasiment exclusivement par des femmes, s’est rapidement développé durant les quinze dernières années pour être aujourd’hui pratiqué sur les cinq continents. En offrant aux femmes un espace où la capacité du corps prend le pas sur l’apparence, ce sport bouleverse les normes genrées souvent perpétuées dans le milieu sportif (Finley, 2010). En effet, alors que les hommes sont généralement encouragés à faire des démonstrations de force et de virilité, les femmes doivent prouver leur féminité et leur hétérosexualité (Id.). Le Roller Derby a ouvert un espace dans lequel des formes de féminité hétéronome à la féminité hégémonique ont pu se développer, participant ainsi à la pluralisation des féminités (Id.). Durant la communication, je dresserai un portrait de l’histoire du Roller Derby avant de me concentrer sur la place des femmes dans le sport, pour enfin aborder la question du développement de féminités alternatives, non seulement durant la pratique sportive, mais aussi lors des activités associées qui participent aussi à (re)produire la sous-culture.
Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.
L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.
À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?
Titre du colloque :