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Yan Breuleux : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Cette communication repose sur la proposition d’un cadre théorique permettant d’analyser de multiples projets de recherche-création. Dans le contexte du réseau stratégique Hexagram, trois axes de recherche sont privilégiés soit : matérialité, embodiement et ubiquité. L’axe «Ubiquité» concerne la dissémination des médias, la multiplication des réseaux et des nouvelles formes de transmission de l’information via l’usage et la démocratisation des technologies ubiquitaires. Il s’agit de mettre en relation les dimensions culturelles de la portabilité, de la miniaturisation et de la démocratisation des technologies ubiquitaires, notament l’internet des objets. Il est possible de définir l’axe ubiquitaire du réseau Hexagram par le biais des sous-axes : nouveaux réseaux et archives, circulation transculturelle et les nouvelles formes de médiation et remédiation de l’expérience artistiques. Ce cadre théorique permettra d’analyser de multiples projets artistiques réalisé par Alexandre Castonguay, Jason Lewis, Joanna Berzowska, Gisel Trudel, Purform etc. Les travaux seront analysés sous l’angle de l’interrogation suivante: comment la dimension ubiquitaire peut-elle s’incarner dans la conception de méthodologies de recherche-création? Il sera notamment question du processus expérimental proposé lors de la tenue du colloque Ambiances en traduction / Translating ambiances (2015).
Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.
Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.
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