Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Fatima Tajini : Université d'Ottawa
La violence basée sur le genre est une question complexe et un phénomène répandu au Maroc malgré l’instauration des principes de l’égalité des sexes et l’interdiction de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, consacrée par la Constitution de 2011. Une enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan du Maroc (2014) révèle 63,3% de femmes victimes de violence, vivant dans des situations de détresse. La main-d'œuvre féminine demeure très faible (26,1% de la population active). La littérature montre les défis pour les femmes marocaines au quotidien dans l'accès au lieu de travail. Cependant, il existe très peu de littérature traitant de la violence sur le lieu de travail alors que celle-ci peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé, la sécurité et la liberté de mouvement des femmes. Le Fonds monétaire international (2016) a suggéré que le Maroc devrait aborder le problème de la sécurité des femmes dans l'espace public sur leur chemin du travail afin d’optimiser leur participation au développement social et économique du pays. Les recommandations du FMI ont abouti à l’adoption récemment au Maroc d'une nouvelle législation dans ce sens (2018). À l'aide d'une analyse juridique classique qui permet de placer la loi dans le contexte questionné, nous décrirons la nature du nouveau cadre réglementaire régissant les violences dans les lieux publics et sur le lieu de travail et nous identifierons les forces et les faiblesses de cette nouvelle législation.
Les transformations que connaît le monde du travail, comme la précarisation de l’emploi, l’intensification du travail et la présence croissante de nouvelles formes de technologies, contribuent aux problèmes de santé des travailleuses et travailleurs. Plusieurs recherches démontrent que les conséquences ne sont pas les mêmes pour tous et que certaines populations sont plus vulnérables que d’autres, à savoir les femmes et les personnes immigrantes et racisées. En effet, ces populations sont exposées à des risques particuliers en raison des rapports sociaux en milieu de travail qui contribuent aux inégalités sociales et de genre en santé au travail. L’analyse de ces rapports s’avère donc nécessaire pour rendre compte de ces inégalités et les réduire. Cela pose toutefois des défis pour la recherche et l’intervention dans le domaine de la santé au travail, notamment parce qu’il est difficile d’aborder cette question avec les divers intervenants des milieux de travail et d’agir en prévention. Comment peut-on apporter des changements dans les milieux de travail afin de réduire les atteintes à la santé au travail mais aussi de réduire les inégalités? Est-il possible de faire de la prévention tout en réduisant les inégalités sociales et de genre? Quelles sont les approches et les méthodes à préconiser? Lorsque nos résultats révèlent des inégalités sociales et de genre, quelles stratégies utilisons-nous pour présenter les résultats dans les milieux de travail sans faire ressortir des stéréotypes? Comment réagissent les milieux de travail à l'égard de tels résultats?
Ce colloque a pour objectif de discuter 1) des constats issus des dernières recherches et interventions en santé au travail portant sur les inégalités sociales et de genre; 2) des approches et méthodes préconisées dans le domaine pour considérer les rapports sociaux et de genre en santé au travail; 3) des défis à relever pour favoriser cette prise en compte et réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail; et 4) des moyens pris ou à prendre pour réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail. Il permettra de recueillir des points de vue interdisciplinaires sur la manière de considérer les rapports sociaux, dont ceux liés au genre, dans la compréhension des situations de travail créant des inégalités de santé ou d’accès au travail. Les contributions devraient pouvoir mettre en valeur des méthodes et des stratégies de recherche et d’intervention qui sont favorables aux transformations sociales et de genre dans les milieux de travail.
Titre du colloque :