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Livia Sani : Strasbourg, France
Le deuil périnatal est un événement grave pour les parents, entraînant les risques de dépression, PTSD, troubles du sommeil, anxiété et deuil compliqué. Nous avons évalué le deuil compliqué chez des parents, avant et après leur participation à des groupes de parole. 31 parents francophones résidant en France, recrutés dans les hôpitaux, associations et forums, ont consenti à participer à l’étude pour cinq réunions sur 18 mois. Les questionnaires ICG, pour les complications du deuil, et GHQ-28, pour la santé mentale globale, ont été administrés à chaque rendez-vous. Nos données proviennent des deux premiers rendez-vous (un tous les trois mois). Sur 31 participants, 23 sont des femmes et 8 des hommes, dont 8 couples. Le décès est survenu jusqu'à 9 mois avant la première réunion. 19% des enfants ont vécu quelques jours/heures. Seuls 9,6% des participants (3 femmes) ont obtenu un score inférieur à 25 à l’ICG (seuil des auteures). Pour le GHQ28, la comorbidité significative s’exprime par des troubles du sommeil (70%) et dysfonctionnement psychosocial (58%). La fréquence du deuil compliqué est impressionnante, avec un pourcentage élevé de risque à plus de six mois du deuil. Les différences de genre sont faibles. À niveau socio-psychologique proche, l’expression émotionnelle pendant les groupes est variable, de l’anesthésie psychique à la détresse. L’évolution des complications du deuil lorsqu’un soutien est mis en place sera discutée.
Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et il est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socioéconomiques sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui de déterminer certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux.
Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal, ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc., se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Au cours d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres vivent d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes vient perturber la qualité de vie et le bien-être des personnes exposées à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands.
Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels divers.
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