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Kévin Lavoie : Université Laval
Cette communication présente une étude de cas portant sur le deuil périnatal vécu en contexte de gestation pour autrui au Québec. Prenant appui sur le récit d’une femme porteuse ayant accouché d’un enfant mort-né et celui de la mère d’intention, notre analyse vise à circonscrire les dimensions relationnelles et les enjeux mobilisés lors de cette épreuve commune à laquelle sont confrontées les deux femmes endeuillées, mais dont les expériences et les réactions diffèrent grandement au regard de leur rôle respectif. Malgré la projection de divers scénarios lors de la négociation de leur entente, la mortinaissance n’avait jamais été envisagée comme éventualité. Le deuil vécu par la mère d’intention a été banalisé par son entourage, sous prétexte qu’elle n’avait pas vécu elle-même la grossesse et l’accouchement et que l’enfant à naître n’était pas le fruit de ses propres gamètes. La femme porteuse, elle, est toujours aux prises avec un fort sentiment de culpabilité devant cet «échec» ayant mis fin au projet parental du couple qu’elle désirait aider. Chacune a vécu séparément les répercussions de cette épreuve, laquelle a porté atteinte à leur relation en y semant des doutes quant au respect de l’entente de départ et l’authenticité de leur engagement respectif dans le projet de GPA. Le processus d’attribution du sens du deuil périnatal est alors révélateur de tensions provoquées par le décalage entre les expériences émotionnelles, corporelles et spirituelles des femmes concernées.
Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et il est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socioéconomiques sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui de déterminer certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux.
Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal, ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc., se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Au cours d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres vivent d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes vient perturber la qualité de vie et le bien-être des personnes exposées à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands.
Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels divers.
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