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Sandy Larose : Université Laval
Le hip-hop existe sur le territoire d’Haïti depuis les années 80, et prend de plus en plus d’importance dans le patrimoine culturel haïtien. Cette culture permet aux jeunes haïtiens issus majoritairement des quartiers populaires de s’exprimer ouvertement ; un rappeur quoique souvent marginalisé demeure un journaliste de son quartier. Il exprime et chante le quotidien de sa communauté et réclame une reconnaissance pour lui-même et pour la communauté dans laquelle il vit, c’est d’ailleurs ce qui donne au hip-hop haïtien un poids sociopolitique important. Le hip-hop a fait son apparition à une période importante marquée par des crises, où le peuple haïtien s’est retrouvé face à de nouvelles aspirations sociopolitiques – c’est-à-dire, les velléités de mettre fin à la dictature des Duvalier pour entrer à plein fouet dans une nouvelle ère dite « démocratique ». Il est né dans un contexte purement revendicatif de de reconnaissance interne par rapport aux autres tendances locales d’une part et d’autre part comme porteur de revendication de la masse populaire en Hait. Ces constats dans un mouvement d’ensemble tissent notre problème qui consiste à comprendre l’émergence du hip-hop en Haïti comme minorité culturelle dans une dynamique de lutte pour la reconnaissance. Donc, c’est en ce sens que nous formulons notre question de recherche : Quel est le poids de la lutte pour la reconnaissance menée par les adeptes dans l’émergence et l’essor du hip-hop en Haïti ?
Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.
L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.
À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?
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