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Le Prendre soin de soi professionnel des conseillers d’orientation, une compétence à considérer et à évaluer ?

PJ

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Philippe Jacquin : Université de Moncton

Résumé de la communication

Les conseillers d’orientation (CO), tout comme les autres professionnels de la relation d’aide, doivent faire face à une pluralité de problématiques complexes qui peuvent générer chez eux du stress et contribuer à l’apparition d’un épuisement professionnel ou de dépendances. Dans le but de prévenir ces conséquences négatives, des associations de professionnels de la relation d’aide, dont celles des psychologues canadiens et des conseillers états-uniens, invitent leurs membres à s’engager dans une pratique de Prendre soin de soi (Self-care) (Canadian Psychological Association, 2017; Herlihy et Corey, 2014). Le premier objectif de cette communication est d’aborder le projet d’adaptation à la profession de conseillers d’orientation d’un questionnaire d’autoévaluation du Prendre soin de soi professionnel qui a été développé auprès de psychologues états-uniens. Les cinq dimensions mesurées sont le Soutien professionnel, le Développement professionnel, l’Équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, les Stratégies cognitives et l’Équilibre quotidien (Dorociak, 2015; Dorociak, Rupert, Bryant et Zahniser, 2017). Le second objectif de cette communication est également d’aborder avec l’auditoire si la pratique de Prendre soin de soi professionnel serait une compétence essentielle à développer et à maintenir pour les CO, si elle devrait être enseignée dans le cadre de leur formation initiale et continue, et enfin si elle devrait être inscrite dans leur code de déontologie.

Résumé du colloque

La profession de conseiller d’orientation (co) évolue et se transforme au gré des changements sociaux, politiques, culturels, économiques et technologiques qui mettent en jeu tant les exigences de formation, l’orientation des pratiques que les conditions d’exercice des co pour répondre adéquatement aux besoins de la population (Herr, 2013; Martin, Turcotte et Matte, 2013; Mellouki et Beauchemin, 1995). La pluralité et la complexité contemporaines des problématiques auxquelles les co sont confrontés accentuent en effet la nécessité d’une formation initiale et continue exigeante et adaptée. Pensons aux difficultés d’insertion et d’intégration culturelles et socioprofessionnelles vécues par les personnes immigrées (Béji et Pellerin, 2010) ou en situation de minorité linguistique (Samson, Sovet, Cournoyer et Lauzier, 2016), celles des populations éloignées du marché du travail dont la précarité socioéconomique se double souvent de troubles de santé mentale (OCDE, 2015), ou encore aux défis d’orientation scolaire des élèves handicapés, ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage dont le nombre se multiplie dans les établissements d’enseignement (Picard, 2016). Une sensibilité grandissante s’est développée dans le champ de l’orientation pour les inégalités sociales et pour la prise en compte du poids des contraintes systémiques dans les parcours de vie des personnes (Sultana, 2014; Blustein, 2016; Le Bossé, 2011). Au Québec, le législateur a reconnu la complexité des activités d’orientation auprès des personnes vulnérabilisées et a réservé certaines d’entre elles aux co (Gouvernement du Québec, 2012). Toutefois, les pratiques des co sont continuellement confrontées et soumises à des logiques financières et comptables qui influent sur la disponibilité et la qualité des services (Viviers et Dionne, 2016). Ce colloque propose une période d’échange et de réflexion critique sur les enjeux et sur les défis actuels et pluriels de la formation et de la pratique chez les co.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Patricia Dionne
section icon Date : 10 mai 2018

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