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Isabelle Girard : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
La performance proposée est une co-création d’un duo d’artistes nommé IBZA. Elle se déroule à la manière d’un récit ouvert caractérisé par des actions performatives et théâtrales. Plusieurs langages cohabitent où le public est invité à vivre une expérience perceptive et sensorielle. Les corps des deux protagonistes engagés dans les actions sont interreliés à travers la mise en jeu d’un objet-matière, qui est à la fois scénique, évocateur et transitionnel. Habiter, « faire corps » notamment avec la matière, en laissant l’émergence d’expériences vécues, s’amplifier en temps réel dans son espace individuel et intimiste. À travers cette exploration, le corps est utilisé « comme moyen d’émancipation et d’affirmation » de l’identité féminine qui est à la fois complexe, dense, exigeante et pluraliste (Babin, 2017). Des corps féminins, singuliers, cachés, dépouillés, enfermés, réunis à partir d’une mise en commun d’extraits, de fragments de vie poétisés et autoréférentiels, qui peuvent toucher à la fois aux réalités individuelles et collectives. Enfin, comment le geste performatif individuel et subjectif peut-il devenir un outil de médiation, entre une expérience autoréférentielle de femmes et le « vécu sensible » appartenant à l’ensemble d’une collectivité?
Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.
L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.
À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?
Titre du colloque :