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Marie Ngo Nkana : Université de Strasbourg
Cinq ans après le tremblement de terre ayant eu lieu à Haïti le 12 janvier 2010, nous sommes allés à la rencontre des enfants haïtiens âgés de 9 à 13 ans. Au cours de cet événement catastrophique, non seulement, leur propre vie a été menacée de mort, mais en plus, ils ont été témoins des conséquences du séisme, perdant ainsi des proches. Si certains enfants haïtiens ont été capables de faire preuve de résilience ; d’autres en revanche, présentent encore des difficultés à rebondir pour faire face à la perte de leur proche. Ils vivent un deuil post-traumatique. Les troubles liés à ce deuil ont de fort potentiels de faire basculer le sujet vers un deuil compliqué. À partir d’un extrait de nos travaux de recherche, nous présenterons le cas d’Élise et celui d’Elsa. Ces sœurs jumelles dizygotes âgées de 11 ans ont perdu leur père en janvier 2010, et, trois ans après, leur mère est décédée des suites d’un cancer. Le questionnaire sur le traumatisme lié à la perte d’un proche élaboré par le professeur M.- F. Bacqué révèle que le travail de deuil s’avère compliqué pour Élise et le dessin des trois maisons établi par le professeur L. Crocq renforce ce postulat par une absence de projection dans l’avenir pour ce même enfant.
Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et il est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socioéconomiques sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui de déterminer certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux.
Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal, ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc., se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Au cours d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres vivent d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes vient perturber la qualité de vie et le bien-être des personnes exposées à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands.
Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels divers.
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