Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Alyssa Turpin-Samson : Université de Montréal
En 2011, la communauté internationale assiste à l’éclosion de la guerre en Syrie. Plusieurs millions de civils sont contraints de quitter le pays (HRC, 2018). Par le fait même, ces déplacements forcés peuvent occasionner de nombreuses pertes idéologiques, matérielles et humaines chez les réfugiés. Plusieurs recherches démontrent la vulnérabilité de cette population au développement de symptômes psychopathologiques (Kirmayer et al., 2011; M Fazel, 2002; Pumariega, Rothe et Pumariega, 2005). Notre recherche s’est intéressée à l’élaboration symbolique des pertes vécues en tant que variable explicative de la relation entre le parcours migratoire et la santé mentale. Selon Roussillon (2000), le processus de symbolisation correspond au degré d’élaboration symbolique d’un événement donné, allant d’une simple intégration sensorielle à une intégration personnelle empreinte de sens.
Trois études de cas d’adolescents réfugiés syriens âgés de 14 à 16 ans font l’objet de cette présentation. Tous ces jeunes ont vécu des pertes matérielles ou humaines dans le contexte de la guerre en Syrie. Ils présentent également des symptômes de nature psychopathologiques à des degrés différents. Nos analyses tendent à démontrer le rôle médiateur de l’élaboration symbolique de ces pertes sur la qualité de leur santé mentale.
Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et il est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socioéconomiques sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui de déterminer certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux.
Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal, ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc., se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Au cours d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres vivent d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes vient perturber la qualité de vie et le bien-être des personnes exposées à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands.
Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels divers.
Titre du colloque :
Thème du colloque :