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Maude Riverin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cinquante ans après l’émergence du cinéma dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, qui a renforcé l’image de la Femme comme symbole du nationalisme durant les luttes pour les indépendances, comment est-il aujourd’hui possible de concevoir l'image du corps féminin au cinéma? Le postcolonialisme a entraîné, dans les sociétés anciennement colonisées, un pluralisme culturel que Bhabha (1994) a conceptualisé comme étant l'hybridité: à la fois une négociation de l'autorité coloniale et une redéfinition des conceptions individuelles et nationales liées aux identités subalternes. Et c’est justement cette hybridité qui devient angoissante: que l’on parle de dystopie (Diabate 2011), de malaise (Kalangi 2015) ou d’hybridité, l’enjeu des années 2000 devient un questionnement sur la négociation des identités contemporaines en contextes de postcolonialité. D’une part, parce que le discours hégémonique s’est installé comme outil conceptuel plat, en construisant un «sujet» postcolonial monolithique sans reconnaissance pour les différences raciales et culturelles et, d’autre part, parce que le contexte actuel de la mondialisation joue encore sur l’identité. En constituant le corps comme présence perceptive du social, du politique et du culturel, je propose, en prenant comme objet d’étude certains films de fiction sénégalais des années 2000, à la fois une étude des caractéristiques sociales de l'érotique et une étude du corps féminin qui se donne à voir comme érotique.
Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.
L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.
À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?
Titre du colloque :