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Sophie Beauparlant : Cégep de Jonquière
L’objectif de cette étude est de tracer un portrait des chaînes spécialisées francophones québécoises, par une saisie des contenus actuellement en ondes. En dégageant des pratiques propres aux chaînes spécialisées par l’analyse des programmations, il sera possible d’identifier leur rôle dans l’écosystème télévisuel québécois. Depuis quelques années, la télévision vit de grands bouleversements, notamment en raison de l’émergence des plateformes numériques. De plus, une majorité de diffuseurs doit négocier avec une baisse de revenus (rapport CRTC) essentiellement dûe à une diminution des ventes publicitaires et des redevances d’abonnement. Dans ce contexte, il sera d’autant plus intéressant de questionner les stratégies de programmation des chaînes spécialisées dont l’accès exige un abonnement à la câblodistribution. Par ailleurs, plusieurs dimensions seront observées pour mesurer l’orientation des programmations, par exemple la représentation de la diversité culturelle et l’ouverture sur le monde qui semblent être un point de distinction avec les chaînes généralistes. Cette cartographie des réseaux de niche permettra de faire des bilans comparatifs dans les années à venir, pour saisir pleinement leur évolution, mais également leur positionnement dans l’offre télévisuelle.
Ce colloque proposera un état des lieux des télévisions au Québec, à l’ère d’une transformation des paysages médiatiques et législatif au pays. Le terme « télévisions » est ici employé au pluriel afin de tenir compte du fait que la « télévision au Québec » recouvre plusieurs réalités distinctes. Il sera donc certes question de la production québécoise francophone dominante, mais également de la production anglophone — notamment des séries canadiennes-anglaises souvent tournées à Montréal — et des émissions autochtones produites au Québec. Plus généralement, cet événement s’intéressera aux trois grands pôles de la communication télévisuelle (production, contenus, réception).
Les récentes transformations technologiques et réglementaires apportées au système de télédiffusion canadien ont contribué à une mutation des pratiques spectatorielles et des stratégies de production mises au point afin d’attirer le public local, lequel consacre une part très importante de son temps de visionnement à des émissions étrangères. Toutefois, bien que les inquiétudes devant la survie des télévisions locales au sein d’une économie et d’une culture transnationales soient justifiées, force est d’admettre que le cas de la télévision québécoise semble défier certains pronostics. Alors que les cotes d’écoute pour des productions locales sont en baisse dans une majorité de territoires, celles-ci paraissent relativement stables au Québec, en particulier dans le domaine du divertissement et des fictions (source : Numeris).
La télévision au Québec exige donc une étude tenant compte des enjeux qui menacent sa survie et sa rentabilité comme de ses stratégies d’adaptation. L’objectif de ce colloque sera aussi de réfléchir aux effets potentiels des récentes modifications des politiques canadiennes concernant la culture et la radiodiffusion pour le maintien d’une télévision de proximité (Dhoest, 2013; Straubhaar, 2007, 2010), à l’instar de celle du Québec ou des peuples autochtones.
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