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Les deuils compliqués chez les réfugiés de guerre

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Garine Papazian-Zohrabian : Université de Montréal

Résumé de la communication

Selon le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (2017), en 2015-2016, le Québec a accueilli 7583 réfugiés syriens et une majorité d’entre eux s’est installé à Montréal et à Laval. En considérant les conditions d’adversité rencontrées par ces élèves ainsi que les deuils et les traumatismes pré, péri et post-migratoires vécus, conscient que la santé mentale de ces réfugiés a été mise à rude épreuve autant par les deuils et les traumatismes de guerre que par la migration et les difficultés post-migratoires, nous avons conçu et mené une recherche-action visant le développement de leur bien-être psychologique.

L’objectif de cette recherche était de documenter l’influence d’une action scolaire courte et ciblée (organisation de groupes de parole et accompagnement psychosocial) visant l’amélioration du bien-être et le sentiment d’appartenance à l’école des jeunes réfugiés syriens inscrits dans des classes d’accueil. Les résultats de cette recherche action soulignent l’importance d’offrir aux jeunes réfugiés et leurs familles des espaces de parole pour favoriser l’élaboration des deuils en général ainsi qu’un accompagnement psychosocial pour les situations de complication de deuil. Notre discours sera illustré par des exemples spécifiques de complication de deuil lié à un contexte de violence collective et de migration forcée.

Résumé du colloque

Le deuil est un processus; il évolue donc avec le temps et il est influencé par différentes caractéristiques liées notamment au type de perte encourue et au contexte social dans lequel les individus évoluent. Parfois, ce processus de deuil peut être court et apaisant, mais parfois certaines personnes vivent une période de deuil pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire de nombreuses années. Pour certains, ce deuil occasionnera des problèmes de fonctionnement social. C’est ce que l’on nomme un deuil compliqué ou pathologique. L’âge, le sexe, les conditions socioéconomiques sont autant de facteurs qui influencent le bon déroulement du deuil. Il est possible aujourd’hui de déterminer certains facteurs de risque et de protection du deuil, ainsi que certaines conséquences envisageables d’un deuil complexe et long, sur les plans bio-psycho-socio-spirituels de même que sur les systèmes de santé et de services sociaux.

Derrière chaque perte d’un être cher ou d’un animal, ou même d’un travail apprécié, d’une maison, d’un sentiment de confort, etc., se trouve un deuil pour les personnes qui le vivent. Au cours d’événements traumatiques comme des catastrophes naturelles ou anthropiques, ce sont même un grand nombre de personnes qui se trouvent endeuillées d’un être qui leur était cher tandis que d’autres vivent d’importantes pertes significatives comme une maison, un animal domestique, des biens ayant une forte signification sentimentale ou même le sentiment de sécurité ou de quiétude. L’ensemble de ces pertes vient perturber la qualité de vie et le bien-être des personnes exposées à ce type d’événement. Et les risques de voir se développer des deuils compliqués sont alors très grands.

Ce colloque d’une journée permettra de porter un regard multidisciplinaire sur cette notion de deuil compliqué ou pathologique, notamment à partir des résultats de différentes études réalisées dans des contextes culturels divers.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Jacques Cherblanc
section icon Date : 10 mai 2018

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