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Éric Couto : Université Laval
Clientèle particulière depuis 1995, les hommes hétérosexuels subissant de la violence conjugale demeurent occultés. En 20 ans, aucune mesure des plans d’actions ne les a ciblés et la communauté scientifique demeure partagée quant à leur reconnaissance. Pourtant, cette violence est suffisamment fréquente et comporte des conséquences assez importantes pour s'en préoccuper. Celle-ci touche 6% des canadiens dont 10% rapportent de la violence grave. 59% des hommes victimes rapportent des coupures, égratignures ou brûlures, 32% se sont dit bouleversés, confus ou frustrés par les gestes subis et 15% ont craint pour leur vie. Du côté policier, les hommes représentent 20% des cas rapportés mais dénoncent trois fois moins que les femmes. De plus, des témoignages issus d'études qualitatives suggèrent qu’ils se voient difficilement comme victime en raison de leur socialisation et qu'ils sont jugés avec suspicion lors de demandes d'aide.
Cette communication rend compte de résultats préliminaires d’une étude qui s’attarde aux besoins des hommes hétérosexuels subissant de la violence conjugale à partir de leur point de vue et de celui de professionnels susceptibles de les aider. Concrètement, à partir de résumés d’entrevues réalisées auprès d’hommes, d’intervenants et de policiers, la communication discute des mécanismes faisant en sorte que les victimes masculines se voient ou non comme tel et comment ils négocient ce statut au moment de demander de l’aide.
Depuis plus de trente ans, le champ de la recherche et de l’intervention auprès des hommes se développe au Québec comme ailleurs dans le monde. Sous-jacentes aux pratiques scientifiques et cliniques de ce champ, des manières de comprendre et d’analyser, ou des paradigmes, proposent différentes façons de concevoir les masculinités.
Non seulement les perspectives théoriques se diversifient-elles, mais les pratiques d’intervention se multiplient. D’abord centrées sur les questions de la paternité et de la violence conjugale au cours des années 1990, les interventions auprès des clientèles masculines ont acquis de la notoriété notamment avec les recherches sur les demandes d’aide des hommes au début des années 2000. Les actions de concertation, de sensibilisation et de revendication des deux dernières décennies, menées de concert par les milieux cliniques et de recherche, ont donné lieu en 2017 à la publication d’un premier plan d’action sur la santé et le bien-être des hommes par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Ce plan s’articule autour de trois orientations : 1) mieux rejoindre la population masculine par les stratégies de promotion et de prévention; 2) adapter les services pour en améliorer l’accès et répondre aux besoins des hommes; et 3) améliorer la compréhension des dynamiques masculines et des pratiques adaptées pour répondre aux besoins des hommes.
Devant cette ouverture des horizons, le Réseau Masculinités et Société propose la tenue de ce colloque afin de réunir chercheurs et praticiens, d’ici et d’ailleurs, dans un échange sur les manières de penser les masculinités et l’intervention auprès des clientèles masculines.
Titre du colloque :