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Quentin Marron : Université Grenoble Alpes
Cette communication analyse les constructions de connaissances et les transformations de l’action publique que proposent les LL. Il s’agit (1) de questionner les contenus et les modalités de ces constructions cognitives ; (2) de questionner la connaissance produite et ses incidences sur l’action publique territoriale ; (3) de proposer une lecture critique de ces dispositifs comme solutions territoriales.
Notre méthodologie consiste à : (1) établir une revue de littérature sur les LL permettant d’élaborer une grille d’analyse portant sur la connaissance et son rapport à l’action publique ; (2) conduire des entretiens semi-directifs avec les gestionnaires des LL permettant de faire une typologie des systèmes cognitifs, ainsi que leurs registres d’action.
Les résultats obtenus portent sur l'élaboration d’un cadre théorique et méthodologique à partir d’un corpus scientifique ; l’élaboration de typologies des registres de dispositifs cognitifs et de leurs rapports à l'action publique.
Ce colloque est voué à la recherche scientifique et à la mise en œuvre de cette recherche. Il mettra donc l’accent sur les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels (Lièvre et al., 2013) liés aux innovations collectives, en particulier aux Living Labs (LL, laboratoires vivants). Ces approches d’innovation ouverte (Chesbrough, 2003) empruntent aux savoirs existants tout en en créant de nouveaux avec les chercheurs, praticiens, usagers, pouvoirs publics ainsi qu’avec de multiples parties prenantes dont la fonction et la représentation varient selon le cas (Lehmann et al., 2015). Il est entendu ici que les connaissances sont distribuées (Trépos, 1997), que les usagers sont des experts (Von Hippel, 1988) et que les chercheurs constituent des « référents » pour l’action. Les LL considérés ici sont tout autant des laboratoires de fabrication et de conceptualisation que des laboratoires traitant de développement urbain et territorial (Besson et al., 2013) ou de projets citoyens (Miller-Rushing et al., 2012).
Devant de nombreux nouveaux défis sociétaux (développement durable, économie circulaire, projets responsables, urbanisation intense, vieillissement de la population, désengagement des pouvoirs publics, mondialisation, etc.), des façons plus écologiques de produire, d’habiter, d’échanger et d’être sont devenues nécessaires (Lafontaine, 2015), et ce, tout autant sur le plan de la pensée scientifique que sur celui de l’action sur le terrain (Salmelin, 2017). De ce fait, le colloque portera une attention particulière aux outils originaux de médiation, tels les objets-frontières (Star et Griesemer, 1989), ainsi qu’aux méthodes originales de production et aux nouvelles mesures d’évaluation des artefacts, qu’ils soient savoirs intangibles ou livrables tangibles. Le colloque se penchera aussi sur le rôle des acteurs au sein de ces diverses démarches (Nez, 2015) ainsi que sur les formes d’écosystèmes qui soutiennent et valorisent ces démarches d’innovation collective.
Ce colloque présente plus de 25 communications et cinq ateliers d’application en lien avec les thèmes suivants :
1) acteurs et écosystèmes d’innovation;
2) processus et méthodologies : retours d’expériences et nouvelles expérimentations;
3) objets-frontières et artefacts : représentations, illustrations et usages;
4) Living Labs / Laboratoires vivants : de nouvelles dynamiques d’acteurs, et d’action publique et territoriale;
5) partage des savoirs et collaboration : facteurs et conditions de succès;
6) évaluation de Living Labs ou de projets en mode Living Lab.
Titre du colloque :