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Les Offrandes : la téléprésence comme forme de mobilité du processus de création

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María juliana Vélez : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Le 18 septembre 2017, la Société des arts technologiques (SAT) inaugure le réseau Scènes Ouvertes. Ce projet met en lien 19 salles de spectacles à travers le Québec en dotant chacune d’elles de stations mobiles et de la suite logicielle Scénic, développée par la SAT elle-même, afin de permettre aux artistes-créateurs de transférer du contenu en réseau et de créer des interactions en temps réel.

L’une des premières expériences scéniques mise en marche grâce à ce réseau est Les Offrandes, une performance multidisciplinaire initiée par les artistes Isabelle Clermont et Danys Levasseur. Tandis que Clermont et Levasseur interprétent des trames sonores et visuelles au Centre d’art Jacques et Michel Auger à Victoriaville, je performe au Centre Culturel Pauline Julien à Trois-Rivières, le tout étant visible aux publics de deux villes grâce aux dispositifs du réseau Scènes Ouvertes. La question de la mobilité véhiculée par la téléprésence est au cœur du processus créateur de cette performance. Ces dispositifs technologiques nous permettent de dépasser les barrières géographiques et disciplinaires, en nous laissant aussi une grande place pour l’improvisation et l’écoute de l’autre. Dans cette communication, je présenterai le récit de création de cette première expérience collective, les défis que cette forme de mobilité nous a posés, et les opportunités que nous pouvons envisager à partir de cette première expérience.

Résumé du colloque

Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.

Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 10 mai 2018

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