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Maude Arsenault : Université de Montréal
Au Québec, la majorité des immigrants s’installent dans la région de Montréal. Pour pallier à ce fait, le gouvernement du Québec s’est doté d’une politique de régionalisation, déléguant aux organismes communautaires locaux la responsabilité de l’intégration des immigrants. L’augmentation de l’immigration dans la province se fait sentir dans les régions et ces organismes voient leurs charges augmentées. Au cœur du processus, les intervenants jouent un rôle clé dans l’intégration et la rétention des immigrants.
Ces organismes reçoivent des mandats de différentes instances, dont le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Les organismes visés par cette recherche se trouvent être les seuls acteurs au niveau de l’immigration sur leur territoire et agissent sur divers terrains. De plus, la nature de la tâche de régionalisation est multidisciplinaire et le manque de concertation sur la question multiplie les profils professionnels des intervenants actifs sur les territoires. Cette réalité oblige les intervenants à faire des choix sur la façon de jumeler ces différents facteurs et de répondre à ces maintes forces.
Cette recherche repose sur une ethnographie des activités des intervenants. Elle présente les stratégies usées par les intervenants dans le cadre de leur travail, le terme « stratégies » renvoyant aux liens existants entre les contextes et les acteurs, et surtout à la possibilité de modeler la réalité sociale.
Si la pluralité des valeurs et des appartenances n’est pas un phénomène nouveau, notre époque se caractérise cependant par une conscience nouvelle de cette pluralité, alors que deviennent visibles et audibles des modes de vie, des croyances ou des formes de savoir qui étaient autrefois niés, exclus ou cachés. Cette transformation contribue à une intensification de la pluralisation et touche, module et marque la vie des individus, des groupes et des institutions, et ces derniers contribuent réciproquement à cette diversification (Ritzer et Jurgenson, 2010; Maclaughlin et al., 2011; Roy, 2012; McMillan et al., 2013; Meissner, 2016). Depuis plusieurs années, la pluralité et les enjeux du vivre-ensemble suscitent l’intérêt des chercheurs, mais les interrogations sur les processus qui participent à la pluralisation restent néanmoins à investir.
L’une des dimensions les plus récentes de ces processus de pluralisation est le développement d’une conscience de la pluralité, autant chez les individus, les groupes que les institutions (O’Rourke et Williamson, 2002; Hopper, 2007). Ce colloque vise à examiner les différentes médiations entre la pluralisation comme phénomène objectif et comme expérience subjective, en se penchant plus précisément sur les actions, les récits ou les espaces qui sont en jeu dans le développement de cette conscience (Ricœur, 2000; Habermas, 1978). De fait, c’est à travers ces médiations que les individus, groupes ou institutions interprètent et donnent sens au phénomène de pluralité.
À partir d’une diversité de contextes, terrains et perspectives disciplinaires, nous proposons donc de réfléchir aux questions suivantes : comment les individus, les groupes ou les institutions manifestent-ils ou donnent-ils à voir leur conscience nouvelle de la pluralité? À travers quelles médiations (récits, actions, espaces)? Comment cette conscience se développe-t-elle? En quoi ce développement a-t-il réciproquement le potentiel de contribuer à la pluralisation?
Titre du colloque :