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David Lefrançois : UQO - Université du Québec en Outaouais
Certaines recherches prometteuses de l’équipe du Stanford Education Group (De La Paz, 2013 ; Monte-Sano, 2008 ; Wineburg, Martin et Monte-Sano, 2013) montrent qu’il est possible de développer des tâches courtes en classe d’histoire au secondaire faisant usage de « sources » en général et de documents iconographiques en particulier. Ces recherches soulignent aussi que l’utilisation fréquente de ces tâches a un effet réel sur le développement de la pensée historienne chez les élèves.
Dans ce contexte, 12 tâches liées aux programmes de formation en histoire au secondaire ont été développées comme outils de mesure du développement d’éléments de la pensée historienne chez plus de 2 700 élèves québécois francophones de 12 à 16 ans de la grande région de Montréal. Les réponses des élèves à ces tâches permettent de suivre l’évolution de la maitrise de la pensée historienne durant quatre années.
Les données présentées portent sur les réponses d’élèves qui ont réalisé trois tâches d’octobre 2017 à mai 2018, durant une première de quatre années de collecte (2017-2018 à 2020-2021) ; ces tâches ciblent notamment la lecture et l’interprétation d’images.
Un premier regard sur les tâches réalisées indique qu’une proportion importante des élèves montre une capacité à lire et à interpréter des documents de nature iconographique et à mener une analyse approfondie sur des sujets qu’ils n’ont parfois pas vus en classe.
Le rapport Parent a amené l’enseignement de l’histoire au Québec à valoriser l’histoire comme science (Lefebvre, 1968) et le travail documentaire qui s’y associe, au détriment d’une conception héroïque et providentielle (Bouvier, 2012). Aussi, la notion de « document » s’est élargie graduellement afin d’inclure des œuvres d’art, des artefacts, des films historiques, des jeux vidéo, etc. Par ailleurs, des chercheurs ont conçu des démarches de questionnement des sources, allant au-delà des classiques critiques externe et interne. Ainsi, Wineburg (2001) identifie quatre raisonnements que l’élève pourrait appliquer en classe : 1) l’heuristique de la source : accorder le statut de source à un document; 2) la lecture en profondeur : examiner ce que dit une source explicitement ou implicitement; 3) l’heuristique de la contextualisation : situer le document et les événements qu’il rapporte par rapport à une réalité sociale; et 4) l’heuristique de la corroboration : vérifier les points de convergence et de divergence par rapport à des sources produites à la même époque. Également, Seixas (2013) a élaboré un cadre d’investigation des sources primaires balisé par six concepts majeurs : l’évidence; la signification; la continuité et le changement; les causes et les conséquences; la perspective historique et la dimension morale.
Il nous apparaît alors essentiel de réfléchir au rôle des sources documentaires dans l’enseignement des sciences humaines et aux approches pédagogiques à privilégier : l’approche par enquête, par problèmes, l’approche narrative, etc. Nous nous proposons de débattre des questions suivantes :
– Quel est le rôle des documents dans l’enseignement des sciences humaines?
– Quelles méthodes de questionnement de sources faut-il privilégier?
– Quels sont les avantages et les limites des différentes approches pédagogiques centrées sur le travail documentaire?
– Comment développer des habiletés critiques chez les apprenants à l’ère des documents numériques et du monde virtuel?
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