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Salima MASSOUI : UQAM - Université du Québec à Montréal
La production de savoirs en recherche sociale passe essentiellement par l’enquête de terrain. Le travail social ne fait pas exception. Mais comment entrer en contact avec des femmes violentées d’autant plus vulnérables qu’elles subissent de multiples formes d’oppression qui sont loin de se limiter à l’espace domestique ? Bien que difficile et éprouvante, l’entrée sur le terrain n’en demeure pas une source de réflexion importante pour saisir la réalité de ces femmes et la nécessité même de la recherche.
En m’appuyant sur mon travail de terrain entrepris en septembre 2017 auprès de femmes immigrantes survivantes d’une tentative d’homicide conjugal ou de violences graves, je propose une réflexion sur les difficultés reconcentrées et ce qu’elles nous apprennent de ces femmes. Ma présentation s’attarde particulièrement aux difficultés méthodologiques, éthiques et empiriques. L’enjeu est tout d’abord de conduire une recherche prenant comme objet central l’expérience traumatisante des participantes. Ensuite, d’entrer en contact avec elles alors que le recrutement passe essentiellement par la médiation d’organismes aux multiples préoccupations. La difficulté est enfin d’accompagner les femmes qui ne sont pas prêtes à parler ou qui veulent continuer à le faire, même longtemps après l’entretien !
Au cours des dernières années, le problème des violences faites aux femmes a été de plus en plus visible dans l’espace public, grâce aux efforts soutenus des militantes féministes. Dans ce contexte, les chercheuses sont fréquemment sollicitées pour apporter un éclairage sur certains aspects de ce phénomène, pour évaluer les retombées d’initiatives ou de programmes d’intervention, ou encore pour soutenir les revendications du mouvement féministe. Si la contribution des recherches féministes et les bénéfices des partenariats entre les chercheuses et les militantes féministes sont indéniables, peu d’écrits francophones portent sur les enjeux méthodologiques, théoriques et politiques associés à l’étude des violences faites aux femmes.
Ce colloque se penche sur les enjeux méthodologiques, théoriques et politiques associés à l’étude des violences faites aux femmes, incluant la violence conjugale, la violence sexuelle et l’exploitation sexuelle. Il s’inscrit dans une démarche de mise en commun de connaissances et de réflexions dans ce domaine.
Titre du colloque :