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Musiques non cochléaires - partitions, mouvements, espaces

SB

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Sandeep Bhagwati : Université Concordia

Résumé de la communication

On peut diviser les auditeurs en deux catégories: ceux qui, tout en écoutant, ont besoin de rester assis - et ceux qui ont besoin de bouger. Ce fossé est profond et reflète les deux fonctions biologiques de l'écoute: analyser notre environnement - ou se synchroniser avec lui.

La musique d'art occidentale, en particulier, a été idéalisée comme un projet exclusivement cochléaire, à vivre les yeux fermés dans un environnement contrôlé et sans distraction. Le musicking technologique, de l'orgue au piano en passant par la musique acoustique, a longtemps favorisé le mode d'écoute immobile et individualiste - telle une performance pour un auditeur collé à un "point d'écoute" précis.

Avec Walkman, iPod et autoradio, nous pouvions alors écouter en mode cochléaire tout en étant en mouvement. Mais ce mouvement n'avait rien à voir avec la musique.

Dans mes œuvres "Nexus","Niemandslandhymnen","Villanelles de Voyelles", et prochainement "Ephémèrides", j'utilise les technologies de partition, de comprovisation et de spatialisation développées à matralab (Université Concordia) pour explorer la musique comme un art non-cochléaire, où le mouvement, l'espace, des sons de toutes sortes et des lignes musicales composées convergent pour créer des expériences complexes qui étendent le domaine de l'écoute vers une expérience esthétique immersive qui explore et se redéfinit sans cesse dans un espace d'écoute en évolution permanente.

Résumé du colloque

Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.

Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 10 mai 2018

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