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Charles Allard-Martin : Université de Sherbrooke
Dans le cadre du baccalauréat en enseignement professionnel à l’Université de Sherbrooke, les étudiants rédigent un portfolio de compétences de métier pour le processus de reconnaissance des acquis (RAC). Ce portfolio est évalué par des experts du métier selon la complexité et la variété des situations de travail présentées dans le dossier de RAC. Pour les aider dans leur travail d’évaluation, des critères d’évaluation ont été introduits au BEP en 2017. Cette liste avait comme objectif premier d’objectiver le processus d’évaluation et le rendre plus équitable. L’introduction de ce nouvel outil interroge son utilisation réelle par les experts et nous amène à présenter les particularités du processus d’évaluation qui prévaut chez les experts de métier, en nous basant principalement sur les notions de jugement professionnel (Allal et Lafortune,2008) et de jugement en évaluation (Legendre,2005). Dans le cadre de notre communication, nous tenterons de présenter les tensions qui règnent entre ces deux types de jugement chez les experts. Cette tension, à notre sens, vient en partie du fait que le jugement professionnel des experts devient le pilier de leur jugement en évaluation. Ce postulat nous amène donc à questionner la place de l’objectivité/subjectivité dans ce processus d’évaluation (Leroux,2014). Nous aborderons la place que peuvent prendre l’expérience professionnelle, la formation antérieure et l’identité (Savoie-Zajc,2013) chez un expert en processus d’évaluation en RAC.
Un premier symposium sur la relation formation-travail-apprentissage en formation professionnelle (ACFAS, 2015) mettait en question l’apport de divers cadres théoriques à la compréhension des milieux dans lesquels se forment les professionnels. Dans la poursuite de cette réflexion, ce second colloque « Apprendre du, au et par le travail en formation professionnelle : transformation des rapports entre les environnements, les organisations, les groupes et les individus » (ACFAS, 2018) se propose de questionner les liens de réciprocité entre les diverses logiques engagées dans les apprentissages réalisés en et hors contexte scolaire : les environnements, les organisations, les groupes et les individus (Wittorski, 2016).
À l’heure des enjeux et des défis de la formation initiale et continue des travailleurs dans l’apprentissage tout au long de la vie (UNESCO, 2013), le concept d’apprentissage au travail, ou Workplace Learning, comme on le mettait de l’avant au début des années 2000 dans la littérature scientifique anglophone (Billett, 2001, 2011), se caractérise notamment par des frontières floues dans lesquelles apprentissage et pratiques de travail sont interreliés (Collin, 2006). Le colloque regroupera plusieurs chercheurs en formation professionnelle issus de la francophonie. Ceux-ci utiliseront le triptyque formation-travail-apprentissage afin de répondre à ces questions : comment les apprentissages professionnels réalisés en et hors contexte scolaire définissent-ils des rapports de réciprocité et selon quelles logiques? Quel sens et quelles formes ces apprentissages prennent-ils pour les différents acteurs?
Les chercheurs sont invités à repenser les rapports entre les environnements, les organisations, les groupes et les individus dans la formation professionnelle visant la construction de dispositifs de formation à partir d’activités réelles (Leplay, 2006) dans une perspective de relation entre l’éducation, la formation et le travail (Champy-Remoussenard, 2008).
Thème du colloque :