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Larissa Christoforo : Université de Montréal
La qualité des séries télévisées québécoises est analysée, en dépit d’une littérature encore déficitaire à ce sujet, à partir d’une approche esthétique/formelle et narrative (Boutin 2018 ; Barrete et Picard 2014 ; Picard 2013), à l’image des études un peu partout dans le monde (Jost 2014 ; McCabe et Akass 2017). Or, dans une ville (Montréal) où plus de 30% de la population est constituée d’immigrants, on constate que "moins de 5% des rôles principaux des émissions de fiction québécoises les plus populaires sont tenus par des comédiens des minorités visibles" (La Presse). Au Canada, autant la Constitution que la Loi sur la radiodiffusion de 1991 et les politiques établies par le CRTC s’affichent comme des instruments de promotion et de protection de la dimension multiculturelle propre au pays. Cette absence de représentativité peut aussi être confrontée à la production grandissante de séries créés et jouées par des acteurs issus des minorités visibles aux États-Unis. À partir de ces prémisses et de l'analyse d’un corpus télévisuel, j’aimerais réfléchir au discours sur la qualité dans le panorama télévisuel contemporain: comment parler de qualité dans un contexte de sous-représentation sociale? Dans quelle mesure cette exclusion pose un problème éthique dans le milieu télévisuel? Peut-on parler d’esthétique sans éthique? Qu’est-ce que la présence équitable de la diversité culturelle derrière et devant les caméras apporterait-elle à la qualité esthétique de nos fictions?
Ce colloque proposera un état des lieux des télévisions au Québec, à l’ère d’une transformation des paysages médiatiques et législatif au pays. Le terme « télévisions » est ici employé au pluriel afin de tenir compte du fait que la « télévision au Québec » recouvre plusieurs réalités distinctes. Il sera donc certes question de la production québécoise francophone dominante, mais également de la production anglophone — notamment des séries canadiennes-anglaises souvent tournées à Montréal — et des émissions autochtones produites au Québec. Plus généralement, cet événement s’intéressera aux trois grands pôles de la communication télévisuelle (production, contenus, réception).
Les récentes transformations technologiques et réglementaires apportées au système de télédiffusion canadien ont contribué à une mutation des pratiques spectatorielles et des stratégies de production mises au point afin d’attirer le public local, lequel consacre une part très importante de son temps de visionnement à des émissions étrangères. Toutefois, bien que les inquiétudes devant la survie des télévisions locales au sein d’une économie et d’une culture transnationales soient justifiées, force est d’admettre que le cas de la télévision québécoise semble défier certains pronostics. Alors que les cotes d’écoute pour des productions locales sont en baisse dans une majorité de territoires, celles-ci paraissent relativement stables au Québec, en particulier dans le domaine du divertissement et des fictions (source : Numeris).
La télévision au Québec exige donc une étude tenant compte des enjeux qui menacent sa survie et sa rentabilité comme de ses stratégies d’adaptation. L’objectif de ce colloque sera aussi de réfléchir aux effets potentiels des récentes modifications des politiques canadiennes concernant la culture et la radiodiffusion pour le maintien d’une télévision de proximité (Dhoest, 2013; Straubhaar, 2007, 2010), à l’instar de celle du Québec ou des peuples autochtones.
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