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Benoît Coutu : UQAM - Université du Québec à Montréal
En prenant comme sujet les évènements autour de la Commission Vérité et Réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones, j’appréhende le processus de réconciliation post-conflictuelle à l’aide de la sociologie culturelle pragmatiste développée par le sociologue américain Jeffrey Alexander. Partant de l’hypothèse que la représentation sociale de la souffrance est une construction collective, il s’ensuit que la réconciliation, comme performance, est constituée d’actes de parole par lesquels un groupe porteur de revendication, tente de convaincre une audience que les phénomènes décrits sont blessant et affectent l’identité et la conscience collectives, au point d’en requérir une réponse de la part de la société dans son ensemble. J’en arrive ainsi à exposer la double nature des processus de réconciliation : leur nature thérapeutique, qui est associée à la reconnaissance d’un trauma collectif qui peut toucher et ébranler l’identité, la conscience collective et les représentations sociales qu’a un groupe envers lui-même ; leur nature sociopolitique, qui se réfère à une transformation politico-institutionnelle, sur les plans culturel, historique et mémoriel, afin d’intégrer dans une trame narrative générale la situation particulière révélée, par exemple par l’appellation de génocide culturel pour définir le rapport colonial du Canada envers les nations amérindiennes. Dès lors, la ré-conciliation apparaît comme un processus de re-composition du lien social.
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