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Charles-Philippe Courtois : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Notre proposition consisterait à présenter, dans un premier temps, la façon de travailler et de naviguer l’énorme masse d’archives conservées par Groulx et de textes produits par lui ou reliés aux différents mouvements et débats dans lesquels Groulx fut impliqué, pour rédiger la première véritable biographie consacrée à ce polygraphe très prolifique. Dans un second temps nous proposons de synthétiser les principales querelles d’interprétation historique dans lesquelles Groulx fut impliqué comme professeur d’histoire, auteur de monographies, éditeur et animateur institutionnel en histoire, et même en tant qu’intellectuel. Depuis ses premières études sur la constitution canadienne, la Conquête et les Patriotes, dans les années 1910 et 1920, jusqu’à ses différends avec l’école de Montréal dans les années 1950 et 1960 en passant par la querelle sur le manuel unique durant la Seconde Guerre mondiale.
Pour développer la familiarisation des étudiants avec le travail historique, la critique des textes et des sources, l’énorme masse d’archives et de textes laissés par Groulx peut certainement inspirer des activités. De même, il a participé à plusieurs débats historiographiques, lesquels peuvent aussi nourrir l’enseignement en amenant les étudiants à se pencher sur les diverses interprétations en histoire.
Nous espérons que cette biographie pourrait elle-même servir à inspirer des démarches en ce sens.
Le rapport Parent a amené l’enseignement de l’histoire au Québec à valoriser l’histoire comme science (Lefebvre, 1968) et le travail documentaire qui s’y associe, au détriment d’une conception héroïque et providentielle (Bouvier, 2012). Aussi, la notion de « document » s’est élargie graduellement afin d’inclure des œuvres d’art, des artefacts, des films historiques, des jeux vidéo, etc. Par ailleurs, des chercheurs ont conçu des démarches de questionnement des sources, allant au-delà des classiques critiques externe et interne. Ainsi, Wineburg (2001) identifie quatre raisonnements que l’élève pourrait appliquer en classe : 1) l’heuristique de la source : accorder le statut de source à un document; 2) la lecture en profondeur : examiner ce que dit une source explicitement ou implicitement; 3) l’heuristique de la contextualisation : situer le document et les événements qu’il rapporte par rapport à une réalité sociale; et 4) l’heuristique de la corroboration : vérifier les points de convergence et de divergence par rapport à des sources produites à la même époque. Également, Seixas (2013) a élaboré un cadre d’investigation des sources primaires balisé par six concepts majeurs : l’évidence; la signification; la continuité et le changement; les causes et les conséquences; la perspective historique et la dimension morale.
Il nous apparaît alors essentiel de réfléchir au rôle des sources documentaires dans l’enseignement des sciences humaines et aux approches pédagogiques à privilégier : l’approche par enquête, par problèmes, l’approche narrative, etc. Nous nous proposons de débattre des questions suivantes :
– Quel est le rôle des documents dans l’enseignement des sciences humaines?
– Quelles méthodes de questionnement de sources faut-il privilégier?
– Quels sont les avantages et les limites des différentes approches pédagogiques centrées sur le travail documentaire?
– Comment développer des habiletés critiques chez les apprenants à l’ère des documents numériques et du monde virtuel?
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