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Réfléchir sur le phénomène de radicalisation au collégial à partir de la Crise d’octobre : entre histoire et mémoire

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Olivier Lemieux : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Notre présentation rend compte d’une activité basée sur l’analyse comparative de manuels d’histoire au secondaire traitant de la Crise d’octobre. Cette activité a été réalisée avec des étudiants en enseignement collégial à l’hiver 2018, afin de les sensibiliser à la question socialement vive de la radicalisation (Tutiaux-Guillon, 2008). L’objectif général visait à faire comprendre le phénomène de radicalisation au Québec en s’intéressant d’abord à sa forme actuelle, puis en travaillant quelques éléments théoriques tels que les niveaux de radicalisation et les signes d’alerte. Cette première partie de l’activité a mobilisé des articles de presse et des études. Une fois les éléments théoriques bien maîtrisés et le phénomène de radicalisation d’aujourd’hui bien saisi, les étudiants ont analysé des extraits de manuels sur le mouvement felquiste et la Crise d’octobre, ce qui leur a donné l’occasion de saisir entre autres les versions différentes d’un même événement historique et la distinction entre l’histoire et la mémoire. En effet, nous avons montré des extraits de plusieurs générations de manuels scolaires, afin de travailler ce phénomène sous un angle historique, puis à partir d’œuvres cinématographiques et musicales nous avons abordé la « mise en mémoire » des événements d’octobre 1970 (Jewsiewicki-Koss, 1997). Cette activité et la discussion qu’elle a déclenchée ont permis aux étudiants de développer un rapport critique face aux manuels et à la « vérité historique ».

Résumé du colloque

Le rapport Parent a amené l’enseignement de l’histoire au Québec à valoriser l’histoire comme science (Lefebvre, 1968) et le travail documentaire qui s’y associe, au détriment d’une conception héroïque et providentielle (Bouvier, 2012). Aussi, la notion de « document » s’est élargie graduellement afin d’inclure des œuvres d’art, des artefacts, des films historiques, des jeux vidéo, etc. Par ailleurs, des chercheurs ont conçu des démarches de questionnement des sources, allant au-delà des classiques critiques externe et interne. Ainsi, Wineburg (2001) identifie quatre raisonnements que l’élève pourrait appliquer en classe : 1) l’heuristique de la source : accorder le statut de source à un document; 2) la lecture en profondeur : examiner ce que dit une source explicitement ou implicitement; 3) l’heuristique de la contextualisation : situer le document et les événements qu’il rapporte par rapport à une réalité sociale; et 4) l’heuristique de la corroboration : vérifier les points de convergence et de divergence par rapport à des sources produites à la même époque. Également, Seixas (2013) a élaboré un cadre d’investigation des sources primaires balisé par six concepts majeurs : l’évidence; la signification; la continuité et le changement; les causes et les conséquences; la perspective historique et la dimension morale.

Il nous apparaît alors essentiel de réfléchir au rôle des sources documentaires dans l’enseignement des sciences humaines et aux approches pédagogiques à privilégier : l’approche par enquête, par problèmes, l’approche narrative, etc. Nous nous proposons de débattre des questions suivantes :

– Quel est le rôle des documents dans l’enseignement des sciences humaines?

– Quelles méthodes de questionnement de sources faut-il privilégier?

– Quels sont les avantages et les limites des différentes approches pédagogiques centrées sur le travail documentaire?

– Comment développer des habiletés critiques chez les apprenants à l’ère des documents numériques et du monde virtuel?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Daniel Moreau Charles-Philippe Courtois
section icon Date : 10 mai 2018

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